22 août 2010 - 4 réactions
«C'est une configuration qu'on attendait depuis longtemps. À la fin de l'année, on sera de toute façon bien en deça des chiffres de 2009 et, très probablement, de 2006, l'année la plus faible au niveau des marées vertes», souligne Sylvain Ballu, responsable des suivis «marées vertes» au Centre d'études et de valorisation des algues(Ceva), à Pleubian (22). Organisme chargé du suivi des marés vertes mais aussi de la détermination des objectifs de qualité de l'eau à atteindre, notamment par l'utilisation de modélisation, pour résoudre le problème des algues vertes.
Froid et faibles débits
Quoi qu'il en soit, si elles sont toujours là, les algues vertes sont beaucoup moins nombreuses sur les côtes bretonnes, cet été. La raison? Tout d'abord, des reliquats de stocks de 2009 peu importants, conjugués à des températures de l'eau basses (8°) et à un climat hivernal agité qui a entraîné une grande dispersion des algues résiduelles, ont retardé l'apparition et limité le niveau des algues au printemps. Cela se vérifie particulièrement dans la baie de Saint-Brieuc (qui représente, selon les mois, jusqu'à la moitié des surfaces couvertes par les marées vertes bretonnes):«En avril, on était quasiment à zéro. En mai, il y avait 16 fois moins d'algues que la moyenne interannuelle. Et en juin, on était toujours à trois fois moins que 2009». La tendance s'est poursuivie en juillet-août, en raison de faibles débits dans les rivières, réduisant de ce fait l'apport de nutriments.
Le Léon dans le rouge
Le phénomène est général. La baie de La Fresnaye, à Fréhel(22), troisième site algues vertes de Bretagne, les années précédentes, est ainsi totalement vierge. La baie de Saint-Michel-en-Grève(22), où la marée verte avait pourtant démarré précocement et de façon importante en avril, est, elle aussi, beaucoup moins envahie que d'ordinaire en aôut. En l'occurrence moins de la moitiè de la moyenne interannuelle. Mais «au delà de la réduction des débits des rivières (inférieurs de 25 % seulement à la moyenne interannuelle), il faut sans doute y voir l'influence d'un effort accru de ramassage, plus rapproché, sept jours sur sept, dès le début de la saison», tempère Sylvain Ballu. Dans le Finistère, la baie de Douarnenez a également été moins touchée en début de saison mais, à partir de juin, s'est retrouvée à un niveau plutôt élevé, quoiqu'inférieur à 2009. En revanche, les marées vertes seraient plus importantes que l'an passé à partir de juillet et surtout en août, dans le Léon, notamment au Dossen, à Santec. La conséquence d'une pluviométrie plus marquée qu'ailleurs ou de sites sursaturés appréciant des années plus sèches et lumineuses ?
Changer de système
Quoi qu'il en soit, en fin d'année, le bilan devrait être positif. Bien inférieur aux 4.100 ha touchés (7 mois cumulés) en 2008 et des 3.800 ha de 2009. Ces bons résultats, dus en grande partie aux conditions météo, ne devront pas occulter la nécessité de poursuivre le travail sur le fond. C'est à dire: réduire la production d'azote à la source au travers de la modification des pratiques et des systèmes de production, selon les prescriptions des scientifiques. Un objectif qui oppose défenseurs de l'environnement et tenants de l'agriculture intensive au sein d'un plan Algues vertes controversé.
25 mai 2012