31 août 2011 - 5 réactions
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«Au-delà du débat, l'important n'est-il pas, soulignait Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, de se mettre au travail?».
40 M€ pour le curatif
Le premier volet, curatif, de ce plan de 134 M€ sur cinq ans (dont 80 M€ apportés par l'État), signé en février2010 entre les agriculteurs, les collectivités, les associations et l'État, a été mis en oeuvre, dès l'an passé. 40 M€ étaient prévus, d'emblée, pour aider les collectivités à ramasser les algues échouées.
Un geste insuffisant pour de nombreuses communes confrontées à de lourdes charges (500.000 € en moyenne pour Saint-Michel-en-Grève), l'État ne prenant à sa charge que la moitié de la facture. De même, si l'État participe à 80% au financement des plateformes de compostage, le fonctionnement reste à la charge des collectivités. Le volet préventif - essentiel - s'est logiquement manifesté, en premier lieu, dans la baie de la Lieue de Grève (baie de Lannion). Cela fait des années qu'agriculteurs, associations et collectivités travaillent dans ce sens.
S'il est vrai que ce plan Algues vertes qui interdit les élevages hors-sol, dits industriels, et limite le nombre d'exploitations à 200, facilite les choses, ce premier contrat de territoire se veut néanmoins très ambitieux. En effet, plusieurs mesures sont prises comme atteindre 60% de la surface agricole utile (SAU) en herbe d'ici 2015, la préservation des zones humides sur la moitié de la SAU, la réduction des engrais de 10% ou encore le réaménagement foncier de grande ampleur. La qualité des eaux bien que satisfaisante dans ce secteur: moins de 25mg d'azote/l., en moyenne devra encore être amélioré. «Il faudrait descendre au dessous des 10mg d'azote/l si on veut atteindre un résultat significatif», estime le comité scientifique de suivi.
«Autant tout arrêter»
Cet objectif sera encore plus difficile à atteindre dans la baie de Saint-Brieuc. En effet, la situation y est plus complexeavec 1.600exploitations hétérogènes dont beaucoup d'intensives. Le contrat de territoire sera néanmoins bientôt signé, après une révision à la baisse du projet. Le comité scientifique soulignait pourtant que, pour la baie de Saint-Brieuc, les objectifs de réduction de 30% de l'azote seraient inopérants contre les marées vertes. La copie a également été revue à la baisse concernant la méthanisation.
L'association Eau et rivières estime qu'il faut radicalement changer de modèle de production pour parvenir à des résultats tangibles. «Impossible, autant arrêter toute activité agricole», réplique la FDSEA. Ce genre de positions n'a pour effet que de décourager ceux qui font des efforts depuis des années... Ce contrat de territoire, dans lequel nous nous investissons financièrement et de façon individuelle, est un important pas en avant: maîtriser l'azote, modifier les pratiques culturales, réaménager le foncier, préserver les zones humides (20% de la SAU) ou la transformation en bio pour certains, ce n'est pas rien», réplique le syndicat agricole.
Les autres baies concernées
En tout état de cause, si les choses ne s'arrangent pas significativement, dans quatre ans - trois ans initialement -, cette approche incitative et volontariste sera remplacée par une approche réglementaire, a prévenu l'État. En attendant, le contrat de territoire de la baie de Concarneau devrait être signé avant la fin de l'année, et les cinq derniers (*), au premier semestre 2012.
* Baie de la Fresnaye (22), Locquirec (29), Anse de l'Hourn (29), Guisseny (29), Douarnenez (29).
25 mai 2012