23 septembre 2009 - 1 réactions
Un mois après l'annonce de sa création par le Premier ministre, la mission interministérielle sur les algues vertes (1) est au travail. Elle rendra ses conclusions, au gouvernement avant le 8décembre.
Le problème de la prolifération des algues se pose depuis plus de 30 ans mais il y a aujourd'hui urgence à s'y attaquer. La rapidité de réaction des services de l'État en témoigne: le 20 août, François Fillon venait à Saint-Michel-en-Grève après le décès d'un cheval intoxiqué par les algues pourrissantes; le 8 septembre, il signait la lettre de mission de la commission interministérielle qui était constituée huitjours plus tard et tenait, hier, une réunion de travail à la préfecture de Région.
215.000 EUR pour huit communes
Déjà, des mesures portent leurs effets. «Comme le Premier ministre s'y était engagé, l'État prend en charge le coût du ramassage des algues dans huit communes particulièrement touchées (2) », rappelle le préfet de Région Michel Cadot. «Le premier versement de 215.000EUR est en cours, et un autre suivra pour les travaux de septembre et octobre». Cette prise en charge de l'État doit couvrir l'intégralité des dépenses communales et une partie de la participation départementale.
Pilotage et expérimentation
Deux comités de pilotage, pour la baie de Lannion et la baie de Saint-Brieuc, ont également été mis en place. Ils associent élus, agriculteurs, associations et services de l'Etat, chargés de formuler des propositions à l'échelle des bassins-versants, tous deux très différents: 170 exploitations et un faible taux de nitrates à Lannion (22), 2.500 exploitations(dont de nombreux élevages porcins) et un taux de nitrates élevé à Saint-Brieuc. Ces expérimentations locales contribueront à nourrir la réflexion de la mission interministérielle.
Des règles plus strictes ?
Cette dernière consulte également les scientifiques (les rencontres ont commencé, hier après-midi) sur le processus de développement des algues et les pistes de contrôle de leur croissance. Elle s'informe aussi des mesures curatives et préventives mises en oeuvre dans d'autres pays, en Allemagne et au Japon notamment. Collecte précoce en mer, procédés de ramassage et de traitement (séchage, méthanisation...), réduction de l'impact des nitrates sur la prolifération des algues: le champ d'investigation et de proposition de la mission est à la fois scientifique, technique, mais aussi réglementaire. «Peut-être faudra-t-il modifier les textes de manière plus restrictive dans certains bassins-versants», envisage le préfet des Côtes-d'Armor à propos de la pollution des nitrates.
1. Philippe Quevremont et Vincent Frey (ingénieurs généraux du génie rural), Dominique Delmas (inspectrice générale de l'administration), Roland Moreau (inspecteur général des affaires sociales).
2. Hillion, Binic, Saint-Michel-en-Grève et Plestin-les-Grèves dans les Côtes-d'Armor, Plomodiern, Plonevez-Porzay, Concarneau et La Forêt-Fouesnant dans le Finistère.
