30 avril 2010
Blottie contre ses parents, jeudi, la fillette de 11 ans a attendu tout l'après-midi que le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc évoque des faits qu'elle ne peut entendre sans pleurer, même neuf mois après. Le prévenu, lui, est absent et a refusé l'examen psychiatrique demandé lors d'une précédente audience. Le 8août 2009, à Loudéac, avec une de ses camarades, elles aperçoivent un homme tentant d'ouvrir la porte arrière du bâtiment de la gare. En se dirigeant vers lui, elles constatent que leurs sacs ont disparu. «C'est un jeune qui les a emmenés là-bas, dans un wagon désaffecté», leur déclare l'homme. Le cauchemar ne fait que commencer. Exhibition, masturbation devant l'adolescente qui s'enfuit. Il la rattrape, la bloque contre la clôture, lui arrache ses vêtements. Elle ne doit son salut qu'à sa combativité. Un mois et demi plus tard, les deux amies reconnaissent l'agresseur dans la rue. Celui-ci est alors interpellé. Il s'agit d'un homme âgé de 33ans, père de deux jeunes enfants et aujourd'hui sans domicile connu. Son passé est lourd:onze condamnations pour vol, agression, exhibition sexuelle... À cette même audience, il lui est également reproché des vols, à Loudéac, et des actes de violence, à Moncontour. «Depuis les faits, ma fille a des troubles du sommeil, sa scolarité est perturbée», explique la mère en larmes. Pour le procureur de la République, «il existe un faisceau de charges substantielles permettant d'affirmer que les faits sont établis. Il requiert à l'encontre du prévenu, déjà sous contrôle judiciaire, trois ans de prison ferme, un suivi efficace, l'indemnisation des parties civiles et, en tout premier lieu, la délivrance d'un mandat d'arrêt à son encontre. Le tribunal devait rendre son jugment, hier, tard dans la soirée.
25 mai 2012