Abeilles. Des disparitions massives préoccupantes
La disparition des abeilles inquiète l'Inra (*) . Le centre de recherche « Abeilles et environnement », à Avignon, se penche sur la question. Explications de son directeur, Yves Leconte.Les disparitions massives d'abeilles sont-elles récentes ?
Non, ça fait 50 ans qu'on observe la disparition d'abeilles, dans divers coins de la planète. Mais le phénomène est véritablement très préoccupant par son ampleur. D'excellents apiculteurs se trouvent aujourd'hui avec 80 % de pertes dans les ruches. Le syndrome d'effondrement des colonies (CCD), localisé aux États-Unis, est présent partout dans le monde.
L'hémorragie ne peut-elle pas être stoppée ?
Pour cela, il faudrait en connaître la cause. Les symptômes du CCD interpellent. On se trouve avec des colonies qui se vident de leurs ouvrières adultes. Devant les ruches, il n'y a pas d'abeilles mortes. Et à l'intérieur, des réserves de nourriture prouvent que les abeilles ne sont pas mortes de faim.
Quelles pistes explorez-vous ?
On ne rejette aucune hypothèse : les pesticides, les maladies, le stress et le mode de conduite des ruchers, l'alimentation, le butinage sur les cultures transgéniques, le climat ou encore les techniques apicoles...
Dans l'état actuel des choses, on n'écarte pas une pathologie globale. Mais un pathogène inconnu peut également être derrière cela. Il n'est pas impossible qu'un agent infectieux non identifié puisse être mis en cause.
Quelles conséquences à court terme ?
Aux États-Unis, l'impact économique de ces disparitions est aujourd'hui estimé à environ quinze milliards de dollars par an.
La France n'est pas à l'abri. On pourrait manquer assez vite d'abeilles pour polliniser les pommiers, abricotiers, mais aussi les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les concombres, le coton, le melon...
Ces cultures dépendent des abeilles pour leur pollinisation.
* Institut national de la recherche agronomique
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