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Le billet de René Perez. Mailla l'abeille

7 mars 2009

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Les revoilà enfin, les primevères! Au sortir d'un hiver à l'atmosphère plombée, elles sentent bon le printemps, nos petites fleurs jaunes. Et avec elles, on devrait voir revenir nos vraies bêtes à Bon Dieu, celles pour lesquelles on se fait un peu de mouron: les abeilles. Elles nous sont tellement indispensables qu'on devrait se cotiser pour leur offrir à toutes des week-ends d'oxygénation à Ouessant. Qu'elles reviennent avec leurs petits poumons gonflés d'air du large pour assurer le transport de nos pollens, sans écotaxe et sans radar. Car hélas, nos sentinelles de l'environnement ne vivent plus vraiment au temps béni de leurs colonies. Elles sont un peu patraques, nos abeilles, et les apiculteurs ne devraient pas être les seuls à s'inquiéter. On devrait tous les bichonner, tant elles nous sont précieuses. C'est ce qui va être prochainement fait à Quimper, dans un lieu très insolite: les toits du conseil général! Le site peut paraître singulier mais l'environnement est propice car, sous l'impulsion de Pierre Maille, le conseil général du Finistère a été l'un des premiers de France à se lancer dans une démarche de développement durable. Elle va conduire le Département à prendre sous son aile des colonies d'abeilles pour étudier leur comportement. Et voir si elles prospèrent mieux que dans certaines campagnes où les pesticides, et notamment le Gaucho, sont suspectés de leur mener la vie dure. Sur les toits, elles devraient trouver un havre de quiétude urbaine, nos abeilles, du moins si les cloches de la toute proche cathédrale ne leur donnent pas trop le bourdon. Et naturellement, une interrogation vient immédiatement à l'esprit: faut-il intégrer ces abeilles dans la Fonction publique? La question n'est pas anodine car l'expérience permettrait peut-être de savoir si une abeille titularisée se met sur le champ à produire moins de miel, comme le prétendent certains propos venimeux. Le rapport entre sécurité de l'emploi et productivité intéresserait sûrement les sociologues puisque les abeilles sont réputées être de bons indicateurs de la vie en société. En attendant, bienvenue les filles! Le centre de Quimper, ville fleurie, devrait être un beau lieu de villégiature, loin du Gaucho et des autres pesticides. Mais on se permet tout de même de prévenir Mailla l'abeille et ses copines: au conseil général du Finistère, il y a une majorité de Gauchos!

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