9 mai 2009 - 2 réactions
«Je me fous des Bretons». Nicolas Sarkozy avait-il réellement prononcé cette phrase rapportée dans un livre écrit par une journaliste qui avait suivi toute sa campagne de la présidentielle? Depuis hier, ces quelques mots prennent une curieuse résonance puisque tard dans la soirée, on a appris que le Président avait décidé de déclarer forfait pour la finale et de laisser le soin à Bernard Laporte et Roselyne Bachelot de remplir le protocole toujours accompli par le chef de l'État, sauf circonstance exceptionnelle (*). Rien dans l'agenda officiel du chef de l'État ne peut expliquer cette soudaine défection dont on se demande, bien évidemment, s'il faut y voir une prolongation des relations compliquées que Nicolas Sarkozy entretient avec la Bretagne, l'une des rares régions à ne pas lui avoir donné la majorité à la présidentielle. Depuis, cela ne s'est pas vraiment arrangé. Les ténors de l'UMP bretonne sont les plus indociles de l'Hexagone et les Bretons ont été totalement exclus du ministère Fillon. Pas le moindre petit secrétariat d'État. Si l'on y ajoute quelques épisodes agités comme l'accrochage verbal avec un marin lors d'une visite au Guilvinec et les séquelles de sa petite phrase sur les Bretons, le passif est proche du contentieux. Ce soir, Nicolas Sarkozy avait l'occasion de se rapprocher des Bretons, dans le théâtre consensuel du Stade de France. La partie n'était pas facile mais il aurait suffi d'un geste, peut-être d'un drapeau breton agité trois secondes comme Chirac exhibant son maillot bleu en 98. Mais à la surprise générale, NicolasSarkozy aurait décidé de faire l'impasse et de partir vers un autre horizon en compagnie de son épouse. Va-t-il réellement déclarer forfait? Hier soir, certains de ses partisans ne voulaient pas y croire. Ils savent que derrière cette défection, il n'y aurait pas seulement un geste d'humeur à l'égard de la Bretagne. Il s'agirait d'une véritable faute politique dans une région où l'UMP n'a vraiment pas besoin de cela!
* L'information a été confirmée, hier soir, par Noël Le Graët, président du club guingampais et vice-président de la Fédération française de football.

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