letelegramme.com

 

Rechercher

Volcan. L'expert islandais bloqué à Paris

20 avril 2010

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • L'article au format PDF
  • Imprimer cet article

Cela faisait dix-huit ans qu'il surveillait le volcanEyjafjöll, dont il connaît les moindres variations du magma. Mais au moment de l'éruption, il était à Paris... Sans vol de retour, le volcanologue islandais Freysteinn Sigmundsson compte les jours, les yeux rivés sur son ordinateur.

Quand l'équipe de chercheurs que Freysteinn Sigmundsson dirige lui a téléphoné dans la nuit de mercredi à jeudi pour lui apprendre la nouvelle, ce scientifique âgé de 43ans, de l'université d'Islande, a d'abord pensé aux habitants qui vivent près du volcan. Puis, il a ressenti «de la déception» de ne pas être sur place. «Je serai vraiment frustré si je dois rester ici encore plusieurs jours», dit-il depuis le bureau qu'on lui a prêté à l'Institut de physique du globe de Paris, à l'université de Jussieu. Là, il passe ses journées à analyser des données, des graphiques et des photos satellites «pour voir ce qu'il se passe dans le volcan et évaluer les scénarios d'évolution».

Un volcan surveillé depuis des années

Faisant mauvaise fortune, bon coeur, Freysteinn Sigmundsson trouve qu'au moins, en France, il est «au calme pour travailler». «Si j'étais en Islande, je serais probablement accaparé par les médias pour des interviews!». Le volcanologue connaît, en effet, par coeur l'Eyjafjöll, un volcan de 15km de diamètre situé dans le sud de l'Islande, qui culmine à1.600mètres et dont l'éruption a des conséquences sans précédent sur le trafic aérien en Europe. Depuis dix-huit ans, il scrute les mouvements de la croûte terrestre, au millimètre près, et l'évolution du magma dans les volcans de son pays - qui en compte trente- pour prévoir les éruptions. Celle-là, il la voyait venir. Et il la craignait. Après une éruption majeure en 1821, l'Eyjafjöll s'est remis en activité en 1992. L'équipe du scientifique remarque alors «quelques signes d'accumulation de magma». En 1994, puis en 1999, l'activité s'intensifie. En décembre2009, elle est encore plus forte et s'accompagne d'une série de tremblements de terre. Le 20mars dernier, la lave jaillit, à l'est du site de l'actuelle éruption. Là, le sol n'est pas recouvert d'un glacier, donc pas d'explosion et son cortège de cendres propulsées à des milliers de kilomètres dans l'atmosphère. «C'était le meilleur endroit possible», explique-t-il. Mais son équipe s'inquiète. Le flot de magma ne semble pas se tarir. «Notre crainte était que si cette première éruption s'arrêtait, alors que le magma continuait à s'accumuler, il y ait une autre fissure». «Et nous craignions que cela se produise ici», poursuit-il, en pointant du doigt sur une carte l'endroit de l'actuelle éruption, près du sommet. Là, où le volcan est recouvert d'une couche de glace de200 à300m.

«Le pire scénario» n'est pas à exclure

Freysteinn Sigmundsson et son équipe ne s'attendaient pas pour autant à ce que ça se produise si vite. Et le scientifique a donc pris l'avion pour Paris où il devait participer à une réunion des observatoires volcanologiques de France. Le lendemain, le volcan entre à nouveau en éruption. «Personne ne pouvait imaginer qu'elle entraînerait une telle paralysie du trafic aérien». Quand il s'en rend compte, il est trop tard pour regagner l'Islande. Désormais, il mise sur les vents pour chasser le nuage de cendres qui l'empêche de prendre son avion. Parce qu'en ce qui concerne l'éruption, il estime que le plus probable est qu'elle se poursuive encore des semaines, voire des mois, par intermittence. Mais il n'exclut pas, pour autant, «le pire scénario»: que l'éruption entraîne celle d'un «dangereux» volcan voisin, le Katla. «L'activité explosive, dit-il, serait alors cent fois supérieure».

  • Claire Snegaroff
  • Exporter cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Envoyer cet article sur twitter
Exportez cet article
Activer mon accès abonné S'abonner au Télégramme

Dans la même rubrique

Abonnements et services

S'abonner au télégramme
Appli iPhone Android Le Télégramme

Forfait mobile et carte sim prépayée Le Télégramme Mobile
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Presse régionale

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com | Toute l'actualité maritime avec Mer et Marine | Le Télégramme recrute | Forfait mobile avec Le Télégramme Mobile | Modèles de lettres

Les sites de Pen Duick :

Route du Rhum – La Banque Postale | Transat Jacques Vabre | Transat AG2R LA MONDIALE | Transat Bénodet-Martinique