29 mars 2008
À 31 ans, Élie Canivenc, d'Auray (56), a décidé de construire de ses mains un voilier de 40 pieds. Un chantier titanesque qui ne lui fait pas peur. La coque du géant des mers, qui s'appellera Exocet 40, est presque terminée. Il ne reste plus qu'à l'équiper et à trouver pour cela... 120.000 .
Rien ne prédestinait Élie Canivenc à devenir marin. Des origines corréziennes. Une naissance à Tours. « Et des longues, très longues études sur la mécanique des fluides et sur la résistance des matériaux », lance l'intéressé. « C'était avant 1991. Je me souviens, j'ai vu le regard de d'Aboville à l'issue de sa traversée de l'océan à la rame. J'ai compris qu'il y avait un truc au large et qu'il fallait que j'aille le voir ».
En 1999, le jeune Élie Canivenc se rapproche de l'océan, choisit les Sables-d'Olonne (Vendée) comme port d'attache et investit ses économies dans un mini 6,50. « Avec ce bateau, j'ai fait la Mini-Transat Concarneau/Pointe-à-Pitre. Grâce à cette traversée, j'ai eu la confirmation que j'étais fait pour la mer ».
Réduire les coûts
Afin de pouvoir endosser son tout nouvel habit de marin, sans avoir à demander à tout bout de champ de l'aide, Élie Canivenc reprend le chemin de la fac, direction Southampton, de l'autre côté de la Manche. « Car il n'y a qu'en Angleterre que l'on peut suivre des études d'architecture navale. C'est dommage, mais c'est comme ça ».
De retour en France, son diplôme d'architecte en poche, Élie Canivenc n'a alors qu'une envie : naviguer. Une participation, en tant qu'équipier, à une Route du Rhum lui offre l'occasion de mettre en avant ses qualités de marin.
2004, autre date qui compte dans la vie de notre jeune aventurier avec, au programme, un déménagement à Auray et l'ouverture d'un cabinet d'architecte. Dans ses cartons, Élie Canivenc a emmené un projet fou : construire un 40 pieds de ses propres mains. « Les 60 pieds coûtent trop cher. Avec un 40, les prix sont plus raisonnables. Si j'avais confié la construction à un chantier classique, j'en aurais eu pour 500.000 . En le faisant moi-même, je ramène la facture à 200.000 ».
Février 2007, dans un hangar agricole, situé à Penvern (56), à cheval entre Pluvigner et Camors, premier coup de scie dans les matériaux composites et première goutte de colle. 3.500 heures après, à raison de 16 à 17 heures de travail par jour, la coque d'Exocet 40 en impose.
Une belle aventure humaine
« Dans un sens, je me dis que c'est une bonne chose pour moi de ne pas avoir d'argent. Si j'en avais eu, jamais je n'aurais demandé aux deux agriculteurs qui m'accueillent, de venir retourner la coque avec leur tracteur. Ce jour-là, on s'est bien marré. Jamais non plus, je n'aurais rencontré ce couple de Belges qui, après avoir découvert mon projet sur le Net, a traversé la France pour me donner un coup de mains pendant quinze jours ».
Aujourd'hui, Élie Canivenc n'est pas au bout de ses peines. Il lui manque 120.000 pour acheter l'accastillage et le reste des équipements. « Je compte sur la solidarité des navigateurs qui ont du matériel d'occasion pour m'aider à joindre les deux bouts ».
Et après ? « Exocet 40 et moi, nous ferons Le Rhum, la Jacques-Vabre, la transat anglaise et le tour du monde en solo ». Rien que ça.
Contacts
Elie Canivenc : tél. 02.97.24.18.30 ou 06.63.62.31.34 ; www.elie-canivenc.com ; elie.canivenc@wanadoo.fr