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Voile. Tribulations d'un Brestois en Chine

4 août 2008

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La mission de deux mois a fait long feu. Depuis 2005, Loik Morgant, voileux et brestois, dispense son savoir à Qingdao, la ville qui accueillera les épreuves olympiques de voile. Malgré les vents contraires ! Le visage buriné, le cheveu long, l'anneau à l'oreille, Loik Morgant, la quarantaine rugissante, a le look voileux. De la plus petite des planches au plus gros des croiseurs, il a navigué sur à peu près tout ce qui flotte et qui avance grâce au vent. Moniteur à la vocation précoce (18 ans), ce formateur de cadres ne compte plus les élèves de ses élèves. Les derniers tirent des bords en mer de Chine. « C'est pionnier, ce qu'on fait ». Au même titre que la vingtaine d'occidentaux, principalement des Anglo-Saxons, disséminés sur la côte chinoise, il participe à un vaste défi : le développement de la voile au pays de Confucius.

Royaume de l'éphémère

Il décrit un territoire encore vierge où « personne ne sait monter les bateaux » et encore moins naviguer avec. Un royaume de l'éphémère où on peut laisser toute une flotte au hangar pendant un an, après l'avoir utilisée pendant les trois semaines que dure la saison touristique. Arrivé dans la marina qui accueillera les Jeux olympiques via des missions de partenariat entre la fédération française et les villes de Brest et de Qingdao (prononcer Tshingtao), il s'est finalement retrouvé dans le privé.

Le boulot qu'il ne voulait surtout pas faire

Embauché, en mars 2007, par deux chefs d'entreprise de son âge, il fait le boulot qu'il « n'aurait surtout pas voulu faire en France » et qu'il ne voulait pas non plus faire en Chine : pilote pour nouveaux riches. Il les promène en mer de Chine sur un catamaran de 40 pieds et un monocoque de 50 pieds. Le contrat est « à la chinoise, la Sécu tu oublies ! ». Et l'ambition de développer la voile localement, notamment auprès des jeunes, est entre parenthèses. « Seul l'événementiel les intéresse », déplore l'ex-moniteur de l'Usam Brest. Bonne pâte, il continue, tout de même, de prodiguer ses conseils aux autorités locales. Il espère même les convaincre de faire le pari de la formation et du long terme.

« Ils vivent au jour le jour »

En attendant, il vend la France et ses chantiers navals aux nouveaux riches qui se succèdent à bord et qui sont souvent « prêts à acheter un bateau après une sortie d'une heure. Ils veulent apprendre très vite et ils fonctionnent par essai erreur ». L'immigré breton « commence à baragouiner » et estime « avoir passé le cap difficile ». La phase séduction-agacements a fait place à une analyse comportementale de ses hôtes. « Ils ne se projettent pas dans l'avenir. Ils vivent au jour le jour. C'est ce qui leur donne leur joie de vivre. Au niveau du boulot, l'esprit d'équipe fonctionne très bien, mais on ne les forme pas à l'autonomie ». Il tente lui de l'enseigner aux trois personnes qu'il est en train de former. En somme, il se prépare à hisser la grand-voile.

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