2 février 2008
À 48 ans, Mgr Jean-Marie
Le Vert est le plus jeune évêque titulaire de France. Avant de répondre à sa vocation, il a été officier de marine et a fait ses premières armes à l'école navale de Lanvéoc-Poul-
mic. Il sera installé, demain, à 15 h, en la cathédrale Saint-Corentin, évêque du diocèse de Quimper et Léon.
De ses années à l'école navale, Jean-Marie Le Vert n'a que des bons souvenirs. « J'étais officier de marine et j'aurais dû être pilote de chasse, j'avais choisi les Super Étendard mais je suis parti avant. Pour deux raisons : je ne voulais pas que cela coûte trop cher à la Marine et c'est un métier tellement génial que j'aurais eu du mal à le quitter ».
Mais c'est sans regret. Il parle plus volontiers de nostalgie. Embarqué sur la Jeanne, il effectue de très belles escales en Amérique du Nord et du Sud ainsi que dans le Pacifique. Il en a gardé des amis et un véritable attachement au monde de la mer.
Former de vraies communautés
« Ce que j'ai trouvé extraordinaire dans ma vocation, c'est que j'avais tout. J'avais un métier qui me plaisait et je n'avais rien contre le mariage », avoue monseigneur Jean-Marie Le Vert, qui a commencé à se poser la question de la vocation en classe de première. Mais il veut d'abord apprendre un métier et fait une prépa comme ses frères. Après une enfance passée à Tahiti où ses parents ont passé 40 ans, il débarque à Paris. Et c'est le choc des cultures. « J'ai mis quatre ans à m'habituer. Quand j'ai commencé à dire bonjour à tout le monde comme on le fait à Papeete, les gens étaient prêts à appeler l'ambulance ou presque ».
Une chaleur humaine qu'aimerait retrouver le nouvel évêque en travaillant à former de vraies communautés. « Beaucoup d'Africains, quand ils arrivent en France, vont vers les Évangélistes. Cela n'interroge pas que l'Église catholique mais notre société ».
Un engagement auprès des jeunes
Il se dit aussi soucieux d'encourager l'engagement des laïcs tout en favorisant les vocations. Plus qu'une crise de la vocation, le nouvel évêque préfère évoquer une crise de la réponse. « J'ai rencontré beaucoup de jeunes en Seine-et-Marne qui ressentaient cet appel. Se posait alors plus la question de perdurer dans cette vocation et d'être libre de leur choix ». Et c'est auprès de cette jeunesse qu'il veut être tout particulièrement présent. Il a d'ailleurs déjà fait part de son intention d'être du voyage des JMJ (Journées mondiales de la jeunesse), du 8 au 22 juillet, à Sydney. Et il rencontrera, demain matin, les quelque 400 jeunes qui feront le déplacement à Quimper pour son installation (*).
« Cela bouge du côté des jeunes mais cela ne se voit pas forcément car ce n'est pas une rave-party. Je crois qu'il y a une vraie recherche, aujourd'hui, chez les gens, de quelque chose de spirituel. Je suis persuadé qu'un être humain ne peut se contenter de supermarchés et de divertissements et les jeunes sont symboliques de cela ».
De sa nomination à la pointe de la Bretagne, où il a de la famille, il dit en souriant « qu'il aurait pu plus mal tomber ». Et peut-être va-t-il trouver le temps d'assouvir ses passions pour la voile et l'aéromodélisme. « Je sais que dans le Menez-Hom, il y a un club. Quand j'étais évêque à Meaux, j'y étais inscrit ».
* Un chapiteau et des écrans géants seront installés pour permettre de suivre l'événement.