13 septembre 2009
Le projet fou de la Vallée des saints a séduit beaucoup de monde. Huit sites sont en lice pour accueillir les mille statues monumentales qui seront sculptées dans les années à venir. Verdict sous une semaine, promet Philippe Abjean qui préside le comité organisateur.
Comment est né ce projet pharaonique?
Il y a dix ans, dans le sillage du TroBreiz que notre association a fait revivre en 1994. Pour honorer le millier de saints que l'on compte en Bretagne: les saints fondateurs, venus d'Irlande et de l'actuel pays de Galles, aux Ve et VIesiècles, mais aussi tous ceux qui sont ou ont été vénérés dans notre région. En filigrane, il s'agit de sauver cette culture populaire victime d'une certaine forme d'amnésie. Ces récits sont de portée universelle et n'ont rien à envier à la mythologique grecque. Je pense que la société actuelle vit la fin d'un cycle matérialiste et va amorcer un renouveau spirituel. La Vallée des saints répondra à une demande certaine du public.
Combien de communes et de collectivités ont déposé un dossier pour accueillir les statues sur leur territoire?
On compte six collectivités, plus l'abbaye de Langonnet(56), et un privé, le propriétaire du château de Loyat, près de Ploërmel(56). Le comité, constitué de quatre membres, a reçu les dossiers de candidature vendredi. On s'est donné une semaine pour rendre notre verdict. Pour nous, c'est un crève-coeur que de choisir, tant la qualité des sites est grande. Ils collent, pour la plupart, parfaitement au cahier des charges. Nous demandons au minimum un terrain d'assiette de vingt hectares, bordé d'un étang avec possibilité aux abords d'aménager un espace muséographique et un atelier pour les sculpteurs. Sur la pièce d'eau pourraient être exposées des répliques des barques en cuir utilisées par les saints irlandais ou gallois pour venir en Bretagne. Nous avons aussi en projet, avec des spécialistes du HautMoyen Âge, la construction d'un monastère celtique en pierres sèches. Car il ne reste plus aucune trace en Bretagne de ce type d'édifice. La Vallée des saints, outre son attrait touristique, pourrait devenir un bel outil pédagogique.
Quel mode de gestion avez-vous envisagé?
Chaque sculpture serait financée par un mécène. Notre premier appel a reçu un écho très favorable auprès des entreprises bretonnes. Il en coûterait environ10.000€ par oeuvre. Cette somme inclut le granit, le transport et les émoluments des artistes. Ces derniers, il faut le souligner, ont accepté de diviser par trois leurs prétentions par rapport au prix du marché de l'art. Autre considération: nous avons la certitude que la Vallée des saints est éligible aux fonds européens. La gestion pure du site pourrait être confiée à une Société d'économie mixte dans laquelle serait représenté notre comité. On peut aussi envisager une simple convention avec une collectivité.
Quand la Vallée des saints sera-t-elle ouverte?
Nous espérons en 2010, avec un premier groupe de soixante statues monumentales de 4m de haut. Il faudra environ vingt ans pour que cette vallée soit peuplée des mille statues prévues.
Avez-vous une préférence pour un projet?
Effectivement, nous avons un faible pour une proposition. Mais nous allons étudier sérieusement tous les dossiers. En tout cas, il n'est pas question d'éclater le concept sur plusieurs sites. La concentration des statues en un même lieu est le ciment de la philosophie du projet.