26 novembre 2009
21h.
Blaise et Isadora, deux Noz'ambules âgés d'une vingtaine d'années arrivent place du Parlement. Un petit groupe discute tranquillement sur les marches. La discussion s'engage. Ici pas de souci. Un des jeunes soutient qu'il ne boira pas une goutte. «C'est moi qui conduis». Pourtant les Noz'ambules poursuivent la discussion. On parle gueule de bois, taux d'alcoolémie. Ces étudiants salariés de la Mutuelle des Étudiants, dûment formés, en profitent pour tordre le cou à certaines idées reçues. Distribuant éthylomètres mais aussi préservatifs aux garçons. «Ces paroles, on le pense, ne seront jamais perdues. Elles pourront remonter à la surface une autre fois», estime Thibault Boyer, coordinateur du dispositif à Rennes et à Angers.
22h30.
Les six Noz'ambules rejoignent la place des Lices pour un débriefing avec les infirmiers et les travailleurs sociaux de l'Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie qui prend le relais. Des pros qui sont à même d'intervenir sur des cas sévères d'alcoolisation. Sur la place, leur fourgon a vite été repéré par les fêtards. À l'intérieur, une bannette pour celles et ceux qui ne peuvent plus mettre un pied devant l'autre. À l'extérieur, un petit fauteuil de camping. «Très pratique pour ceux qui vomissent. Ça évite de nettoyer le camion, commente Nathalie, la coordinatrice. On en voit de toutes les couleurs. L'autre jour un type s'est pissé dessus alors qu'il me parlait.»
Minuit.
La soirée est relativement calme. Pourtant, à quelques pas de là, dans la halle Martineau, le beaujolais nouveau et la bière coulent à flot sur l'open-bar d'une soirée organisée par une grande boutique de prêt-à-porter rennaise. «Personne ne nous a mis au courant. Même les policiers étaient surpris. Ça n'est pas normal. Pas mal de gens sont imbibés. On va devoir gérer tout ça.» Des petits groupes de fêtards se succèdent près du camion. Discutant. Reprenant leurs esprits. Buvant un verre d'eau ou un café. Demandant des bandes fluo pour rentrer en sécurité chez eux.
Une heure.
La clientèle des bars a pris possession de la rue. Difficile de se frayer un passage. La tension monte d'un cran. Les traits tirés, une quinzaine de policiers en uniforme épaulés par quelques collègues en civil, arpentent les rues. «On est très attentifs. Car ça peut éclater à tout moment, explique un officier. À cette heure-ci, ce ne sont pas les marginaux qui posent problème. Mais bien les étudiants.»
Deux heures du matin.
L'équipe de l'Anpaa quitte la place après avoir mis fin à deux débuts de bagarre. 116 personnes sont entrées en contact avec elle. Une soirée moyenne, quand on sait que certains soirs plus de 200 personnes sont accueillies au fourgon.