7 février 2008
Pas de test, pas de carte d'adhérent. Depuis un an, afin de lutter contre la recrudescence de cas de tuberculose dans ses rangs, l'association la Boule arméloise, à Quimper, a instauré ce régime. Bilan : 70 membres de moins.2002. Découverte d'un cas avéré de tuberculose pulmonaire sur un membre de la Boule arméloise, à Quimper. C'est le choc au sein de cette institution quimpéroise qui fête cette année ses soixante-dix ans d'existence. Un lieu où se retrouvent quotidiennement et en grande majorité des retraités autour de la boule bretonne, la pétanque, la coinche ou encore le ping-foot.
2004. bis repetita avec un autre fidèle. 2007. Deux nouveaux cas sont révélés.
Au final, trois ont été soignés, le quatrième est décédé. Des maladies qui ont entraîné des interventions fréquentes de la Ddass, cette dernière multipliant les enquêtes, les traitements et les dépistages.
L'an passé, de nombreux membres étaient effectivement porteurs d'infections latentes susceptibles de virer en tuberculose dans les deux ans.
La tuberculose, dont la vaccination n'est plus obligatoire, est une maladie infectieuse contagieuse et sa forme la plus répandue est la tuberculose pulmonaire. Les symptômes sont une petite fièvre au long cours, une toux, un amaigrissement rapide et des sueurs nocturnes. La vie en foyer et le contact direct avec des personnes infectées figurent parmi les facteurs de risque.
90 cas dans le Finistère
Le ministère de la Santé, qui a passé la vitesse supérieure en intensifiant, ces dernières années, les moyens de lutte, estime que l'épidémie est en baisse. En 2006, 90 cas ont été déclarés à la Ddass du Finistère, dont 72 formes pulmonaires.
« Comme cela arrive dans certaines sociétés, dans des clubs de foot ou des maisons de retraite, la Boule arméloise était victime d'une infection, confirme le docteur Bernard Rémy, du centre quimpérois de lutte contre la tuberculose. Nous leur avons proposé des solutions afin de ne pas revenir aussi souvent ».
228 en mars 2007
Le dépistage n'étant pas obligatoire, l'idée du médecin était de soumettre l'adhésion à un test préalable. Un souhait auquel le président a volontiers consenti, au risque de faire des mécontents. Ce qui n'a pas manqué.
« Les personnes qui n'auront pas de certificat médical n'auront pas de carte d'adhérent », a-t-il longtemps été affiché dans le hall.
Résultat, sur les 228 membres que comptait l'association début 2007, il en reste aujourd'hui un peu plus de 150. Soit une perte de 70 adhérents. « Sans que l'on sache vraiment pourquoi. Tant pis. On a perdu, oui, mais en santé, nous avons gagné, s'enorgueillit le président Pierre Denic, âgé de 72 ans. Peu m'importe que cette décision ne soit pas populaire ».
Sans carte, il est encore possible de rentrer à la Boule. « Mais sur invitation », coupe le président. L'assemblée générale, dans quelques semaines, et le renouvellement des cartes d'inscription permettront d'avoir une idée plus précise des retombées de sa décision, unique dans le département.
25 mai 2012
25 mai 2012