26 janvier 2012
Orange et les collectivités bretonnes devaient signer, le 9janvier dernier, un accord précisant les communes sur lesquelles l'opérateur financera la pose de fibre optique. Cette négociation public-privé n'a toujours pas abouti. La Région, les Départements et les intercommunalités ont décidé d'avancer ensemble et sans attendre Orange. Les voilà armées pour la suite du débat: «S'il n'y a pas de bloc des collectivités publiques, il n'y a pas de négociation», résume Gwenegan Bui (vice-président de la Région chargé du numérique), en rappelant que l'équilibre territorial n'aurait pu résister à des négociations engagées ville par ville par Orange. L'intérêt de l'opérateur est, évidemment, de concentrer ses investissements sur les seuls coeurs d'agglomération suffisamment denses pour garantir la meilleure rentabilité de l'équipement. C'est là que se noue l'attentisme d'Orange: il a, sans doute, déjà consenti un effort en proposant treize territoires urbains et périurbains plus étendus qu'il ne l'aurait rêvé mais il paraît rechigner à aller au-delà (notamment Saint-Martin-des-Champs et Dinard). Il semble également peu pressé de s'engager formellement sur les contours précis des agglomérations qu'il prévoit de couvrir.
Un réseau dispersé mais puissant
Cet engagement, attendu, portera sur une répartition de l'ordre de 42% des prises de très-haut-débit à la charge du privé et 58% à la charge du public. Mais les zones rurales sont plus coûteuses à équiper, ce qui fait que la prise publique reviendra, en moyenne, à 50% plus cher que la prise privée (soit 2.000€ dont 1.300€ à la charge des collectivités, 300€ de l'État, 400€ attendus de l'Europe). S'il n'est pas en mesure d'atteindre la rentabilité du réseau urbain d'Orange, ce réseau public intéressera quand même les opérateurs-exploitants (Orange et ses concurrents). «Tous les Bretons auront le très haut-débit en 2025, et la fibre en 2030», rappelle Gwenegan Bui. «L'effet de masse du réseau public, avec ses deuxmillions de foyers connectés, nous donne un poids réel sur le marché». Dans les négociations d'aujourd'hui, sur l'investissement, et dans les négociations de demain, sur la location.
Premiers coups de pioche dans un an
La feuille de route est établie. Elle sera votée dans huit jours par la Région. Elle prévoit la création d'un syndicat mixte réunissant les collectivités et un premier plan quinquennal de l'investissement public de 400M€. Premiers coups de pioche dans un an. Ce plan prévoit l'installation de 85.000 prises dans douze petites villes et 85.000 prises dans des secteurs ruraux. Il s'engage également sur l'accès au très-haut-débit d'au moins une zone d'activités par intercommunalité(il y en 118) et des communes (environ 25) situées sur le passage de la future ligne de 225.000volts Lorient-Saint-Brieuc, qui sera doublée de fibre optique.

26 mai 2012 à 13h08 - 6 réaction(s)