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TK Bremen. Secrets de chantier

18 janvier 2012 - 6 réactions

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À l'écart du monde, sur une plage d'Erdeven devenue privée, une poignée d'ouvriers découpe depuis douze jours le cargo qui s'y estéchoué le16décembre dernier. À quelques heures de son terme, visite du chantier, par le trou de la serrure.

Un jour, on saura peut-être combien tout cela aura coûté. Tombera alors l'ultime secret du chantier de déconstruction qui depuis le samedi 7janvier se déroule sur la plage de Kerminihy, à l'abri des regards.

Défense d'entrer

Le souci de protéger la duned'Erdeven a repoussé les «terriens» à500m d'un chantier bouclé par5km de barrières. La volonté d'éviter un nouvel accident de mer sur une côte réputée dangereuse a également rejeté les marins au-delà d'un périmètre d'interdiction de 300m. Et depuis douze jours que la monstrueuse cisaille de l'entreprise néerlandaise Euro Demolition déchiquette le TKBremen, la presse n'est que très exceptionnellement admise sur un site gardé en permanence. «Mesures de sécurité» obligent... L'atmosphère de secret est si développée que les entreprises travaillant sur le site ont reçu des consignes de discrétion... que personne ne semble avoir données. Autre élément révélateur du climat: un élu qui avait pris des photos des premiers jours du chantier et les avait diffusées sur un réseau social, s'est vu retirer son badge. «Mesure de sécurité» encore. Et personne pour assumer la décision, tombée du ciel!

Inévitable pollution

Mais à part ça, tout va très bien Madame la marquise. Tout va très vite, surtout. Le chantier avance au rythme fou imposé parEuroDemolition, qui travaille 24heures sur 24. Ses équipes -six hommes le jour, quatre la nuit-, appuyées par les entreprises Daniel (Landaul) et Les recycleurs bretons (Brest) se relaient sans relâche pour arracher des morceaux de cargo à l'aide de la cisaille fixée sur une grue géante de 280 tonnes. Les morceaux sont ensuite posés sur la plage, légèrement en retrait, avant d'être redécoupés plus finement puis évacués. Ça fait du bruit, des étincelles, des éclats et donc une inévitable forme de pollution. «On a bien compris que le bateau va disparaître rapidement mais qu'il va rester des particules pour un moment», commente DavidCano, du collectif local Vigilance citoyenne. Pour limiter au maximum la pollution, une plateforme de découpe a pourtant été conçue comme le cheminement qui permet le franchissement de la dune par les différents engins, et comme l'aire d'évolution de la grue géante: on a d'abord aplani le sable, puis posé des bâches géantes qu'on a recouvertes d'un «plancher» fait de gros madriers en bois.

«Ni plomb, ni amiante»

En principe, lorsque le bateau aura entièrement disparu, il suffira de retirer les madriers -désormais recouverts d'une fine couche de sable- puis de replier les bâches pour recueillir les fines particules. Sauf qu'à chaque marée haute, la mer rince ce tas de ferraille et repart avec des éclats de peinture. Celle-ci ne contient «ni plomb, ni amiante et elle est agréée pour l'usage à la mer», assure, analyses à l'appui, le sous-préfet de Lorient, Jean-Francis Treffel. Voilà qui va peut-être rassurer ceux qui s'inquiètent des conséquences écologiques d'une déconstruction express. Ceux-là ont également remarqué qu'au plus près du bateau, chaque découpe génère des chutes de débris le long de la côte. Des morceaux de ferraille de dix centimètres qui tombent de 20m et s'enfoncent dans le sable.

Fin aujourd'hui ou demain

Afin d'éviter que ces pointes acérées ne constituent des bombes à retardement pour les baigneurs, un engin aimanté passe régulièrement. Ce qui n'empêchera pas un grand nettoyage de l'ensemble du site, par l'intermédiaire du Cedre (Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux), à l'issue du chantier de déconstruction. A priori, celui-ci devrait être terminé aujourd'hui ou demain. En à peine deux semaines, les 109m et2.000 tonnes du TKBremen auront donc été digérées par la grande cisaille! Après avoir consacré la première semaine à la découpe de l'avant, essentiellement composé de vide, l'entreprise hollandaise s'affaire sur l'arrière depuis samedi. L'amiante a été retiré sans découpe (lire ci-contre) et le moteur sorti d'un bloc. Mais lui n'a pas échappé au destin des bas morceaux: découpé sur place, il a été évacué vers l'usine de recyclage de Caudan (56), à coups de rotations en camion. Il n'y avait pas de voie navigable pour le dernier voyage du TK Bremen...

Fallait-il aller moins vite?

«Je n'aurais jamais pensé qu'on en serait à ce stade au bout d'une semaine!». Depuis le 16décembre, Françoise Le Jossec vit à cent à l'heure. Mais la vitesse du chantier de déconstruction du cargo qui s'est échoué sur «sa» plage, lui donne le sourire et le moral. Comme tous ses voisins élus, particulièrement ceux concernés par la pollution dans la Ria d'Etel, la maire d'Erdeven est bluffée par la rapidité avec laquelle les services de l'État ont agi depuis l'échouement du cargo. Préfet du Morbihan et préfet maritime en tête, ils ont tout mis en oeuvre -moyens humains, procédures accélérées...- pour que le TK Bremen ne soit bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Cette rapidité dans les décisions a trouvé une prolongation dans la déconstruction proprement dite, qui se déroule à une vitesse hallucinante (lire ci-dessus). Et qui, par ricochet, suscite interrogations et réserves. «L'urgence est politique et touristique», affirmait l'association Robin des Bois, la semaine dernière. Personne ne le nie réellement. La limite du6avril, fixée à l'armateur, trois jours seulement après l'échouement, pour remettre le site en état, n'a pas été choisie au hasard: elle marque le début des vacances de Pâques. Et «tout le monde vit du tourisme ici», n'a pas peur d'affirmer Madame le
maire.
Parallèlement à ce constat, on peut en faire un autre: le fait de travailler 24heures sur 24, avec une volonté d'aller vite, et à la lumière artificielle la moitié du temps, ne constitue pas la meilleure garantie de faire un travail très propre.

Des risques... à aller moins vite

Ceux -parmi lesquels le collectif local TK Bremen vigilance citoyenne- qui sont très soucieux de l'impact écologique s'interrogent sur le lien rapidité-dégâts collatéraux. Sans ce contexte d'urgence, la pollution -la préfecture dit «irisation»-, constatée le mardi 10janvier, lorsque la mer a nettoyé le fond de cale, aurait-elle pu être évitée? Laisserait-on des tonnes de ferraille hachée posées sur la plage se faire rincer par chaque marée montante? «Avec un laps de temps plus grand, des précautions supplémentaires auraient pu être prises», analyse Alain Bonnec, vice-président du Grand site dunaire Gâvres-Quiberon. Pourtant, l'élu écologiste se garde bien de crier au loup. «Aller moins vite, c'était aussi prendre le risque de voir le bateau se casser en deux parties, ce qui aurait engendré des difficultés supplémentaires de déconstruction mais surtout des risques de pollution plus importante».

Moins d'amiante que prévu

Les autorités avaient annoncé au départ que le cargo contenait1.500kg d'amiante. «C'est, en réalité, beaucoup moins», indique le sous-préfet de Lorient, Jean-Francis Treffel. Et c'est exprimé en volume: «3 à 4m³. Il s'agit de calorifugeage et de joints de la chaudière». Des pièces, en tout état de cause, qui vont être retirées sans découpe et évacuées «pour être enfouies en Ille-et-Vilaine, je crois».

Chantier sous contrôle

Le dossier du TK Bremen est considéré comme très sensible au niveau de l'État. Depuis l'échouement, le sous-préfet de Lorient, Jean-FrancisTreffel, a réuni au moins deux fois par semaine le comité de suivi. Des réunions qui ont souvent débouché sur des mesures très concrètes demandées aux entreprises présentes sur le site. Pas grand-chose de ce qui se passe sur le chantier n'échappe, en effet, aux services de l'État. Sont, notamment, présents le Délégué à la mer et au littoral, représentant à la fois la préfecture et la préfecture maritime, les gendarmes, l'inspection du travail, qui veille, entre autres, au désamiantage et aux conditions de sécurité, l'agence régionale de santé et la direction régionale de l'environnement et de l'aménagement du territoire. (Photo Philip Plisson)

Toutes les vidéos du TK Bremen

 
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6 réactions

  • captain27
    chut pas si fort !!!
    Pas besoin d'avoir fait les grandes écoles maternelles supérieures pour comprendre le grand secret de démolition moins on en voit moins, on en sait , moins on serait horrifié de voir les conditions de sécurité et de dépollution ,bref on fait exactement comme en Inde pour le France ;-( euh j'ai pas tout compris là ? Chut !!! on a dit ....
    Ajouté le 18 janvier 2012 à 07h03
  • BRISE
    Ben voyons .....
    Trop vite:c'est pas bien.... Trop lentement Pas assez RAPIDE !!! Les "ECOLOS BOBOS" ne sont jamais contents !!! Mais les vacances approchent et ... pourquoi ne pas aller faire du "voyeurisme" du coté de l"' ÉPAVE"...... Enfin ce qu'il en reste en reste ... et continuer à "dicutailler" pour savoir ,et c'est çà qui est important, s'il faut employer le terme DÉTRUIRE ou DÉCONSTRUIRE !!!!!! Mais le travail a été réaliser en un temps record : par 10 employés , de jour comme de nuit ! ....... Il est vrai que les Syndicats ne sont pas présents sur le chantier ....... Heureusement ... Et Vive la France encore une fois !! Au fait si c'est si vite fais : de la faute à NICOLAS ou GRACE à FRANÇOIS ?????
    Ajouté le 18 janvier 2012 à 15h15
  • ar-men
    que transportait-il vraiment
    Les points bizarres Que transportait-il a l'arrivée sur Lorient ? Alors qu'une tempête force 12 est annoncé, il sort du port de Lorient pour ce mettre a labris sous Groix face a Kerlivio ! Alors que les vents sont sud il chasse sur une trajectoire sud-est, plutôt qu'Erdeven il aurais du s'échoué sur Ploemeur. D'ailleur la pollution elle, a pris le chemin normal sud vers la ria d'etel. Pour un pavillon de complaisance, l'armateur et l'assureur mette une remarquable bonne volontés a régler rapidement le problème ! L'accès est interdit sur un kilomètre et demi de chaque coté, pour ca des barrières sont installé et la gendarmerie patrouille en permanence ! Logiquement pour préservé l'équilibre et la solidité du bateaux en cas de mauvais temps la déconstruction aurais du commencer, par le haut (mat de charge et château ) alors que la cales avant a été attaquée en première ! La démolition se poursuit 24h/24h, les cales d'ailleurs on été ouverte de nuit ! Le port de Lorient est aussi un port militaire avec un arsenal et le site de bruz (Rennes) fabrique l' électronique des frégattes horizon et fremm ! Que transportait-il vraiment ?
    Ajouté le 19 janvier 2012 à 00h42
  • Cate
    @ ar-men (natura 2000)
    pourquoi tant de suspicion,le problème majeur est cet environnement.le cordon dunaire ne supporte pas le piétinement !!!!!!!!!!!!!.les herbes naturelles qui ont été planté sont fragiles et protégées par la (loi environnementale) elles ont pour but d'empécher l'érosion de la dune.dans ce milieux très exposé le vent deplace le sable et ensuite la mer va gagner (toujours) sur la terre si personne n'y prends garde,d'où la priorité.................
    Ajouté le 19 janvier 2012 à 11h30
  • ceph...
    enfin ! ! ! brefffffffffffff
    trop vite ce n'est pas bien - pas assez vite ce n'est pas bien - en bref jamais content. Quant à la pollution ? elle restera minime ; bien que malgré tout, malheureusement toujours trop importante. En tout état de cause, l'épave était là, et il fallait bien la dégager avec les inconvénients engendrés par l'un ou l'autre des moyens employés !
    Ajouté le 18 janvier 2012 à 10h31
  • bgo
    En effet..
    ..il est un secret pour personne que toute la déconstruction aurait du se faire au canif avec une armée méxicaine pour tout contôler. Il aurait aussi fallu créer un giganteste tamis dont ou serait encore à discuter la taille des mailles, pour filtrer la moindre particule de TK Bremen. Il est vrai que toutes nos plages ont la propreté "clinique".
    Ajouté le 18 janvier 2012 à 11h34

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