30 juillet 2008
Son plaisir, à lui, c'est de mener les gens en bateau... sur son voilier.
En digne bonimenteur, Ronan Tablantec se fait conteur fantasque et chroniqueur génial des bassesses et grandeurs d'un quotidien érigé en épopée...
« En réalité, je suis Sarthois et je m'appelle Sébastien, avoue l'artiste. Mais les gens ne me croient pas. À La Réunion, tout le monde venait voir le Breton ! Pourtant, la trame du spectacle, c'est ma vie ». Défaut d'imagination, feignantise ou facilité de parole ? Difficile de démêler l'écheveau dans le petit monde de Tablantec, « abandonné par ses parents à la pointe du Raz et recueilli par des cormorans ». Allez savoir ce qui est vrai dans ce cerveau qui se nourrit du potin de bistrot, du coup de fil du banquier ou des grandes oreilles d'un gamin.
Ronan Tablantec tape sur tout ce qui bouge, avec ses mots au fer rouge. Mais avec respect et humanité : « Je mets le doigt où ça fait mal, mais sans vouloir blesser, me moquant d'abord de moi-même ».
Musée intime
Et s'il estime que c'est mauvais, qu'il n'a pas fait le bon tri parmi la dizaine d'idées qui lui traversent l'esprit, il le dit tout de go. La sirène d'alarme sonne aussi quand il en fait trop. Comme ce soir-là, à Saint-Brieuc, « où j'ai senti que l'élu à la culture s'énervait parce que je distrayais le public avec ma canne à pêche pendant son discours ».
Si ça se passe mal, il appelle papa ; pour lui fêter ses 63 ans avec le public. Manque de pudeur ? Non. Le plaisir de parler de sa vie.
Chauds débuts à Paimpol
Le début de l'aventure remonte à il y a quatre ans, sur les quais de Paimpol (22). « J'étais en vacances avec mes parents. Je m'ennuyais. Comédien de troupe, je rêvais de jouer, seul, au chapeau ». Le Sarthois met alors un ciré jaune et improvise. « Ce n'était pas bon, mais les gens ont accroché ». Si bien que les gendarmes lui demandent de partir. Il quitte Paimpol, déçu. Le lendemain, l'adjointe à la culture l'appelle en lui disant qu'il peut jouer s'il prouve qu'il est professionnel. Depuis, Tablantec multiplie les escales, avec succès. Au point d'être invité au Festival international de théâtre de rue d'Aurillac.
Et si c'est en solitaire qu'il préfère naviguer, il a quand même accepté, cet été, la proposition faite par Gwen Potard. Le producteur lui a proposé une tournée en bateau. Le moussaillon Tablantec s'est ainsi retrouvé à bord du « Face au Soleil », un cotre construit par le Morlaisien « Bout de bois ». Et, « finalement, les soirées guitare, à bord, j'adore, moi l'individualiste », confie l'artiste.
Arrivé au terme de ses vingt escales artistiques sur les côtes finistériennes, l'aristo du verbe ne cache pas sa joie. « Du bonheur, cette tournée ; je suis même payé ! Ça change. À force de faire la rue au chapeau, on se carapace trop et on devient amer ». Et quand l'homme prend l'amer, il risque de couler, foi de Tablantec !
Pratique
Prochaines représentations : ce soir à Ouessant, samedi à l'Île de Batz, le 4 août à Carantec, les 5 et 6 août à Morlaix. Site internet : http://termajitour.zeblog.com