23 septembre 2011 - 3 réactions
Cela fait bientôt dix ans que Loïc Gautier, âgé de27 ans et habitant Le Drennec, combat cette sale maladie. La leucémie. Dix ans faits de quelques hauts et de beaucoup de bas... En 2003, alors qu'il s'apprêtait à passer le bac, la maladie est déclarée. S'ensuivent trois ans de chimiothérapie. En avril2006, après une greffe de moelle osseuse réussie grâce à son frère Marc, d'un an son cadet, Loïc va mieux. Mais deux ans plus tard, c'est la rechute. La greffe de cellules souches se passe mal. Loïc est en réanimation, le pronostic vital est engagé. «Dans un de ses rares moments de lucidité, Loïc m'a dit: "Là, c'est chaud. Je ne suis pas sûr de m'en sortir..."», se souvient Marc, encore choqué par cet «enfer». «Je ne sais pas pourquoi mais à ce moment-là, je lui ai fait une promesse: l'emmener à la coupe du monde de rugby, en Nouvelle-Zélande, en 2011. J'avais envie qu'il se batte!».
Le grand jour!
Quatre ans après, Loïc va mieux. Il est en rémission. Et demain, avec son frère et leur ami Jean-Marie, il s'envolera pour quinze jours vers le pays desAllBlacks, comme promis. «C'est incroyable! Quand je pense à tout le chemin parcouru... Ce voyage, c'est vraiment l'aboutissement d'une bataille», confie Loïc, le discret, qui a joué sept ans au ballon ovale mais qui a dû y renoncer quand il est tombé malade. «Ce voyage prouve que je suis en vie». Avec sa famille, il tient ainsi à remercier tous les médecins et le personnel médical de l'hôpital Morvan, à Brest. Marc, le footeux, lui, n'arrête pas de parler! Il s'est chargé de la logistique du voyage. Et à quelques jours du départ, tout est prêt. Billets d'avion, entrées pour les matchs (France-Tonga et Argentine-Géorgie), nuits en auberges de jeunesse et voiture de location. Au programme, tourisme, avec le tour des villes de l'île du Nord, et sport, avec les matchs. Dans leurs valises, les inséparables frères n'ont d'ailleurs pas oublié le maquillage, les perruques, les maillots de supporter et l'incontournable drapeau breton. «On a failli emporter le drapeau du Léon mais il était trop cher!».
Feu vert des médecins
«Au début, quand ils ont décidé ça, je me demandais... enfin...», raconte Brigitte, la maman. «Mais dès qu'on a eu le feu vert des médecins, ça a été. Il n'y a pas de problèmes pour se procurer des médicaments là-bas. Et après tout, c'est maintenant ou jamais!». Jean-Jacques, le papa, lui aussi passionné de rugby, avoue qu'il serait bien parti avec eux. En papa-poule, il veille aux derniers détails: «On a quand même une petite appréhension. Vingt-huitheures de vol, c'est long. Vous avez demandé les places près des sorties de secours? Il faut que Loïc puisse étaler ses jambes». Les deux frères prennent note.
L'Angleterre ensuite
Et après? «On sera sûrement un peu nostalgique. Mais on a déjà prévu d'aller en Angleterre, voir la France jouer pour le tournoi desVINations. Ça va, c'est à côté de chez nous». Et la coupe du monde de football, au Brésil? Là, c'est Carole et Charlène, les petites amies, qui protestent d'une seule voix: «Ah non, pour le Brésil, on aurait refusé de les laisser partir seuls!».