11 août 2008
Le séminaire Saint-Yves de Rennes est le dernier en Bretagne à former les futurs prêtres de la région. 24 séminaristes y suivent un cursus avant de s'engager au service de l'Église.
Avec une moyenne d'âge de 28 ans, ils viennent tous d'horizons différents. Ils étaient professeur, officier de Marine, commercial ou encore gendarme et ont tout laissé pour suivre une nouvelle voie. À 35 ans, Olivier Lorne termine sa dernière année de formation. Après avoir quitté son poste d'ingénieur des travaux publics au sein de la Marine nationale, à Lorient, il est entré au séminaire de Rennes, à 27 ans. « Il ne faut pas oublier la dimension essentielle de la foi qui nous anime et notre relation à Dieu. Sans cela, il est impossible d'expliquer notre démarche pour devenir prêtre. Moi, j'ai ressenti un appel suffisamment fort, qui m'a donné envie de consacrer ma vie au service de l'Église ». Aujourd'hui, seule la moitié des séminaristes achève la formation et devient prêtre.
Des raves au séminaire
Originaire de Neulliac près de Pontivy, Hervé Le Berre, à 33 ans, vient de rejoindre le séminaire. Sourire aux lèvres, il n'hésite pas à témoigner, avec humour, de son parcours qu'il qualifie « d'atypique ». Piercings, tenue de camouflage et camionnette, dans les années 90, il participe et organise des raves en Bretagne. Il part également travailler en Angleterre pour une maison de production et accompagne des groupes de musique dans leurs tournées. Finalement, il rentre en France en 2000 et part pour la Bosnie : « C'est en entrant dans une église de Medjugorje que j'ai été saisi par le Christ. C'est une conversion un peu foudroyante, qui a bouleversé ma vie. Ça a aussi surpris mes amis, au départ, qui se demandaient si je n'étais pas un peu cinglé. Maintenant, ils respectent mon choix ». Après une mission humanitaire au Liban, où il s'est occupé d'enfants handicapés pendant un an, il devient conseiller dans un réseau d'information jeunesse à Lorient. « Après avoir changé de vie, c'est là que j'ai senti l'appel : tout quitter pour devenir prêtre. Ma rencontre avec le Christ m'a retourné comme une crêpe, comme on dit chez nous ».
De nouvelles vocations
Jusque dans les années 50, la Bretagne comptait quatre séminaires, un par diocèse, qui formaient un millier de séminaristes. Vingt ans plus tard, ils n'étaient plus que 150 à 200 sur l'ensemble de la région. Évolution de la société, crise de la foi et des vocations, malgré tout, l'Église attire toujours quelques jeunes. Cette année, trois nouveaux séminaristes ont été accueillis à Rennes. 21autres postulants effectuent une année préparatoire de discernement et de réflexion spirituelle, à Saint-Pern (35) et Sainte-Anne-d'Auray, avant d'intégrer, pour certains, l'un des séminaires du Grand-Ouest. Dans une société qui se caractérise par le recul de la pratique religieuse, ces nouvelles vocations sont perçues, ici, comme un signe d'espoir.
24 mai 2012 à 12h57