15 septembre 2009 à 14h35
300 manifestants munis de banderoles attendaient ce midi l'arrivée du ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, au Space à Rennes. Le ministre, après avoir reçu des délégations, s'est engagé à débloquer 30 millions supplémentaires pour l'élevage.
Visite du salon contariée pour le ministre de l'agriculture Bruno le Maire arrivé à Rennes en début d'après-midi. 300 agriculteurs l'attendaient de pied ferme après avoir interpellé le patron de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, plus tôt dans la journée.
Après de nouveaux appels à la démission, des cris "Vendu, tu nous as trahis", un début de bagarre avait même éclaté entre manifestants et gendarmes chargé de protéger le président de la FNSEA. Bousculé, Jean-Michel Lemétayer s'est alors replié dans un bâtiment, avant qu'une délégation de manifestants ne le rejoigne pour discuter. Un peu plus tard, les représentants de la Confédération paysanne ont quitté la réunion improvisée.
"Certains essaient de nous endormir avec un double discours", a déploré en sortant Gérard Durand, représentant de la Confédération paysanne des Pays-de-Loire, un des syndicats qui soutiennent la grève du lait lancée la semaine dernière.
La tension est montée d'un cran avec l'arrivée du ministre Bruno Le Maire qui a choisi de recevoir des délégations d'agriculteurs. C'est dans ce contexte qu'est tombée l'annonce d'une aide exceptionnelle de 30 millions.
Bruno Le Maire n’est pas arrivé tout à fait les mains vides. Il a annoncé une aide supplémentaire de 30 millions d’euros pour les éleveurs les plus fragilisés
« Je suis solidaire de vos inquiétudes et de votre désarroi ». Le ministre de l’Agriculture s’est attaché, hier, à montrer qu’il mesurait la gravité de la crise subie par le monde paysan et qu’il comprenait particulièrement le désarroi des producteurs de lait, lui qui est Normand d’origine. « Ce n’est pas acceptable qu’une profession qui travaille sept jours sur sept et 24 heures sur 24 gagne moins que le Smic ».
En plus des 30 millions d’euros de soutien aux producteurs de lait déjà annoncés à plusieurs reprises, Bruno Le Maire a annoncé qu’il allait accorder 30 millions d’euros supplémentaires aux filières d’élevage pour aider les producteurs les plus en difficulté à faire face à leurs problèmes de trésorerie. Il pense notamment aux jeunes agriculteurs et aux récents investisseurs des filières laitière et porcine.
« J’attends en retour que vous avanciez dans l’organisation et la structuration de vos filières ». Par ailleurs, il est prévu un versement anticipé des aides de la PAC au 16 octobre prochain au lieu du 1er décembre.
Le ministre a proposé, en outre, deux rendez-vous importants : l’un, au début du mois de novembre, pour faire le bilan des revenus 2009 des agriculteurs et en tirer toutes les conséquences avec les banques, la Mutualité sociale agricole, les assurances. « L’État va leur demander de participer à l’effort collectif ».
Le second rendez-vous est prévu dès cette semaine et dans les jours à venir : c’est le grand débat préparatoire à la loi de modernisation de l’agriculture. Il sera question en particulier de la contractualisation. « Dans le secteur laitier, un accord équitable entre producteurs et industriels est une solution. Pas un accord ou l’on dicte au producteur toutes les conditions de son travail. Un exploitant agricole ne doit pas devenir le salarié d’une industrie ».
Faire bouger les lignes
Inventer « une nouvelle régulation européenne » : c’est aussi le chantier lancé par le ministre de l’Agriculture avec son homologue allemande. Bruno Le Maire ne désespère pas de « faire bouger les lignes dans le bon sens » à Bruxelles : « La commission a accepté d’examiner nos propositions, qu’elle avait rejetées dans un premier temps ».