25 novembre 2008
Une journée d'action est organisée aujourd'hui dans les IUT. Des IUT qui sont très inquiets du risque que ferait peser sur leur avenir la loi sur la réforme de l'Université.
Dans la plupart des IUT, il n'y aura pas ou peu de cours aujourd'hui. Cette action a été décidée par l'association des directeurs et par les présidents. Ils entendent alerter les parents, les étudiants, les personnels et les entreprises sur l'impact négatif que comporterait la loi relative à l'autonomie des universités (loi LRU) sur le bon fonctionnement de leurs établissements. Une loi qui fera qu'à partir du 1 er janvier prochain, ce sont les présidents d'université qui attribueront aux IUT leurs dotations budgétaires.
« Jusqu'à présent, les IUT avaient un budget fléché, directement calculé et attribué par Bercy. Ils étaient ainsi protégés. Ce ne sera plus le cas », regrette Frédéric Hervé, le directeur de l'IUT de Quimper. Les présidents d'université auront désormais le pouvoir de diminuer ou d'augmenter les crédits affectés à tel ou tel établissement ou composante.
Pour les directeurs d'IUT, le risque est que les universités, qui elles-mêmes pourraient voir leurs crédits diminuer si leurs performances ne sont pas celles attendues, aient la tentation de répercuter cette baisse sur les IUT. « Si nos crédits baissent, nous serons obligés de fermer des formations », s'inquiète Frédéric Hervé.
« Pourquoi changer un système qui fonctionne bien et qui a montré son efficacité ? Il serait quand même incroyable que cette autonomie donnée aux universités aboutisse à des dégâts sur les IUT. Déjà, des IUT sont mis à mal parce que des présidents d'université ont décidé de baisser les crédits qui leur étaient alloués ».
Les DUT menacés ?
Autre inquiétude des IUT : cette réforme, en instituant une disparité des dotations, pourrait aussi avoir comme conséquence de remettre en cause le caractère national des DUT. Une pétition « DUT, une suppression programmée » a été lancée sur le site internet officiel des IUT.
Autant de craintes qui font que cette première journée d'action sera très suivie. 90 % des 116 IUT de France devraient y participer. La revendication des IUT est claire et précise. « On demande une annexe à la loi qui obligerait les universités à nous garantir les moyens dont nous avons besoin ». D'autres actions plus radicales sont envisagées si satisfaction n'était pas obtenue rapidement.
21 mai 2012 à 18h30
21 mai 2012 à 10h27