2 juillet 2009
La crise se fait sentir aussi en prison. Dans les trois régions de l'Ouest, les possibilités de travail offertes aux détenus ont diminué de 25 % à 30 % en un an. L'administration pénitentiaire cherche de nouveaux donneurs d'ordre.
Depuis juillet2008, l'offre de travail pour les détenus de la maison d'arrêt de Vannes est en forte diminution. Cet établissement de petite taille - 88 places pour environ 125détenus - subit de plein fouet les répercussions de la crise économique, surtout depuis cet hiver. «C'est une prison qui souffre plus que d'autres car le travail proposé aux détenus repose sur un nombre restreint de clients et parce que son architecture ancienne empêche d'y faire rentrer un semi-remorque, explique Jean-Yves Dalmar, responsable du travail des détenus pour les trois régions de l'Ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Basse-Normandie). Mais tous les établissements sont touchés.La baisse dans l'Ouest est de l'ordre de 25 à 30% depuis l'été 2008 ».
Rembourser les victimes payer les frais de justice
Travailler en milieu carcéral, c'est une possibilité offerte aux détenus qui en font la demande. Ces derniers en tirent des revenus ponctionnés à la source pour rembourser les victimes et payer les frais de justice. 10% des sommes perçues sont bloqués et restitués le jour de la sortie pour faciliter la réinsertion. Le reste sert à améliorer le quotidien derrière les barreaux ou à aider les proches via l'envoi de mandats. «Dans l'Ouest, les personnes incarcérées ayant un travail gagnent en moyenne entre 350 et 400euros par mois», note Jean-Yves Dalmar. Deux options leur sont offertes: travailler au service de l'établissement pénitentiaire (cuisine, buanderie, service d'étage...) ou bien s'acquitter d'une mission commanditée par des sociétés extérieures avec une paie au rendement. La plupart de ces donneurs d'ordre proposent ainsi des tâches de conditionnement ou d'assemblage de petites pièces.
La pénitentiaire mise sur l'agroalimentaire
Mais depuis quelques mois, cette source d'emplois se tarit et certaines sociétés ont cessé de faire appel aux détenus. Conséquence:des revenus en baisse et des indigents de plus en plus nombreux. À Vannes comme ailleurs. «Pour tenter de renverser cette tendance, nous avons lancé, en novembre2008, un publipostage par courriel en direction de 850 entreprises morbihannaises», indique Jean-Yves Dalmar. Selon le responsable du travail des détenus à la direction interrégionale des services pénitentiaires, cette démarche s'est traduite par «des retombées» et des «contacts nombreux». «Les nouveaux clients ne compensent pas encore les baisses de charges. Il faudra du temps pour y parvenir, mais je suis confiant. L'agroalimentaire pourrait notamment devenir un secteur très porteur. Je pense, par exemple, à l'emballage de biscuits déjà sous papier ou bien à de l'étiquetage».
