19 août 2009
C'est un petit coin de paradis, situé au large de la commune de Saint-Jacut-de-la-Mer: l'archipel des Ébihens. C'est là, au beau milieu de la zone de mouillage, que François Delbeke, 32 ans, a réussi à installer son collecteur de poubelles. Un grand cylindre blanc, ancré au fond et posté au milieu des bateaux, contenant six sacs poubelle de 200 litres. Depuis, le 27juillet, date de la mise en service de l'appareil, les plaisanciers y déposent leurs déchets. Presque par habitude. À tel point que François Delbeke doit le vider quasi quotidiennement. Ordures ménagères, papiers divers et bouteilles sont ensuite acheminés en camion jusqu'au centre de traitement des déchets de Dinan. «À la mi-août, j'en suis déjà à 14.400litres», relate le fondateur de l'entreprise Terre-mer-concept-environnenment, étonné lui-même d'un tel résultat. C'est lors d'une période de chômage que l'idée a germé dans l'esprit de cet ancien poissonnier, passionné de pêche. «À force de me balader le long des côtes, ça m'a gonflé de voir autant de déchets abandonnés». Au fil des discussions, le Normand d'origine, installé dans la région depuis plus de quinze ans, découvre Barthélemy Dominici, un Corse émigré en Normandie. «J'ai vu des vidéos de ses installations et j'ai trouvé ça exceptionnel. Cela répondait exactement à la demande des plaisanciers».
Déjà 60 collecteurs en Corse
Titulaire du brevet permettant de commercialiser les collecteurs, Barthélemy Dominici conclut rapidement un accord avec François Delbeke; dorénavant seule personne habilitée à commercialiser les poubelles de mer dans la moitié Nord de la France. «Dans le Midi, c'est Suez et la Lyonnaise des Eaux qui s'en occupent. Et ils sont très en avance. En Corse, il y a 60 collecteurs installés. Sur la Côte d'Azur, une trentaine et dix en baie d'Arcachon». Son entreprise créée, le 1erjuillet 2009, François Delbeke a passé les six premier mois de l'année à démarcher les mairies. Sans grand succès. «J'en ai entendu des choses. Dans une commune avec un port de 1.200 bateaux, on m'a dit que les plaisanciers ne polluaient presque pas. Dans une autre, que le collecteur de poubelles était une pollution visuelle.C'est vrai qu'au fond de l'eau, la pollution visuelle, ça n'existe pas!».
Le prix d'un lampadaire
Mais à force d'arpenter la côte, «de Cancale à Saint-Quay-Portrieux», l'ancien poissonnier finit par convaincre une municipalité: Saint-Jacut-de-la-Mer. Pour l'heure, le service ne coûte pas très cher à la commune, un choix de François Delbeke: «Il fallait absolument installer un premier collecteur pour montrer son utilité». Grâce à deux sociétés de vente et de location de bateaux de plaisance (LMB Marine et LB Marine), emballées par le projet, et qui sont devenues ses sponsors, le patron de l'entreprise de dépollution maritime arrive à tenir le coup. Persuadé que l'avenir va lui sourire: «Une commune comme Binic est déjà intéressée. Et puis, il ne faut pas exagérer. Pour les municipalités, c'est le prix d'un lampadaire:3.500 EUR par an». Contact Tél.02.96.80.29.19 ou le 06.22.93.58.44. Site internet: www.tmce22.com