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Piratage informatique. Soupçonné d'être un Anonymous, un Breton mis en examen

27 janvier 2012 - 2 réactions

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"Je n'ai rien fait. Je ne suis pas un Anonymous !", dément Pierrick Goujon. Connu sous le pseudo de "Triskel", le Breton a été mis en examen, jeudi à Paris. Le jeune homme est soupçonné d'être un membre d'Anonymous, ce mouvement de pirates informatiques qui a bloqué le site internet d'EDF au printemps dernier, après la catastrophe nucléaire de Fukushima.

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Pierrick Goujon, un jeune homme de 29 ans, connu sous le pseudo de "Triskel", raconte sur Owni, qui a révélé l'affaire, comment il a été interpellé mardi matin chez lui et placé en garde à vue par des policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), conduit à la gendarmerie de Loudéac, puis celle de Saint-Brieuc, avant d'être amené en région parisienne, au siège du Renseignement intérieur.

Au cours de ses 45 heures de garde à vue, explique le jeune Breton, il a répété aux policiers qu'il était totalement innocent des faits qui lui étaient reprochés. "Je n'ai rien fait. Je ne suis pas un Anonymous ! Je suis même opposé à ces pratiques", nous confie Pierrick Goujon ce vendredi soir. 

Il y a près de deux ans, si Pierrick Goujon avait fait parler de lui dans les pages du Télégramme, c'est en tant que porte-parole en Bretagne des Freegans, un mouvement qui lutte contre le gâchis en récupérant de la nourriture, notamment, dans les poubelles.

Le site d'EDF attaqué après Fukushima
L'affaire pour laquelle il est aujourd'hui mis en examen ? A plusieurs reprises, les 20 et 23 avril et le 2 juin 2011, le site institutionnel d'EDF avait été bloqué dans le cadre d'une "attaque par déni de service" revendiquée par le groupe des Anonymous. Ce blocage du site avait entraîné un préjudice financier évalué à 160.000 euros.

Selon les éléments de l'enquête, c'est le mouvement Anonymous qui aurait lancé cette opération dans le sillage du mouvement d'opinion déclenché par l'accident de la centrale Fukushima au Japon le 11 mars. La campagne Greenrights, rappelle le site internet Owni, consistait à manifester sur les réseaux contre la dépendance au nucléaire.  

Anonymous : un mouvement sans hiérarchie
Deux demandes d'entraide judiciaire ont été adressées à l'Allemagne et aux Etats-Unis. Une information judiciaire a été ouverte pour "accès et maintien frauduleux dans un système automatisé de traitement de données, entrave et participation à un groupement en vue de la participation à ces infractions". Elle vise en particulier à identifier d'autres participants à cette attaque, qui ciblait également les sites internet de General Electric et d'un opérateur italien.

Dépourvu de commandement central et de hiérarchie, Anonymous choisit ses cibles dans des salons de discussion sur internet, selon des experts en sécurité informatique.

Deux personnes mises en examen
Dans l'affaire EDF, outre Pierrick Goujon, un autre homme et une femme avaient été placés en garde à vue. Seules deux, dont le Breton, ont été présentées jeudi à un juge de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris. Elles ont été mises en examen pour "entente en vue de l'entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données".

Il a été interdit à Pierrick Goujon, placé sous contrôle judiciaire, de se rendre sur "tous réseaux, espaces ou forums de discussion dédiés aux Anonymous", précise Owni.   

  • B.P./H.C. avec AFP
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2 réactions

  • diogène 29
    Encore une histoire
    Abracabrantesque! Qui finira bien Par faire PSCHITT. D'ailleurs avec Goujon on ne peut avoir affaire qu'à du menu fretin. Mais la DCRI a bien besoin de redorer son blason, celle de Guéant et de son maitre, tant ils ont une facheuse habitude de pêcher en "eau trouble".
    Ajouté le 28 janvier 2012 à 04h20
  • gjosse
    Lamentable
    inique, anti-démocratique. Les mots me manquent. 60 heures de GAV et "relâché" à 400 kms de chez lui. Pour la présomption d'innocence : bravo ! J'espère ne pas avoir consulté mon compte Edf ce jour là. Sinon je suis "bon".
    Ajouté le 28 janvier 2012 à 05h40

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