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Pie noire. Un amour de vache

24 février 2011 - 3 réactions

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Pour rien au monde, Vincent Thébaud, de Saint-Congard, ne manquerait le Salon de l'agriculture. L'occasion est trop belle d'y promouvoir la pie noire. Un amour de vache, selon l'éleveur morbihannais qui ne jure que par elle.

Ah, la pie noire de Bretagne! L'éleveur morbihannais lui voue un véritable culte. Et lui consacre sa vie depuis 16 ans, l'année de son installation avec son épouse à Haute-Folie, à Saint-Congard. Depuis, Vincent est un paysan heureux, fier de démontrer que l'on peut vivre avec quinze vaches et cinq chevaux sur 21 hectares «et sans un euro de subvention», s'il vous plaît!

Robuste et économe

Son secret? La pie noire, pardi. Une vache de petite taille mais endurante, peu productive par rapport aux canons actuels mais qui donne un lait d'excellente qualité gustative. La pie noire est également économe, valorisant au mieux l'herbe des prairies. Robuste, elle n'est pas la copine des vétérinaires:«Sur 200 vêlages, je n'ai dû appeler le vétérinaire qu'une seule fois, confie Vincent Thébaud. Ça se passe tout seul durant la nuit. Le matin, quand on arrive dans l'étable, on découvre un veau». Dernière en date, Pimprenelle, qui a mis au monde son dixième veau. «Ma vache la plus âgée - 19 ans - en est à son 17e. Rien à voir avec les holstein qui ont une carrière plus courte. La holstein donne beaucoup de lait mais elle mange beaucoup et exige des soins. C'est surtout une ?machine? à faire du volume et à alimenter le système agro-industriel».

Du bon sens

De toute façon, hors de question pour le Morbihannais de choisir une autre race. Question de bonsens. «Je voulais faire de la transformation à la ferme. Or, quand on veut mettre en avant des produits du terroir, quoi de plus logique que d'utiliser des races du terroir? Et la pie noire permet une excellente valorisation». L'éleveur produit ainsi des fromages type reblochon ou tomme, du gros lait fermenté, de la crème fraîche, du beurre et autres laitages. «C'est beaucoup de travail. Nous exerçons trois métiers: s'occuper des bêtes, transformer et vendre. Mais on a les joies du métier de paysan. Contrairement à l'agriculture industrielle où l'homme et l'animal ne trouvent pas leur compte».

Idéal pour les jeunes

Nul ne sera surpris que Vincent Thébaud conseille la pie noire aux jeunes qui souhaitent s'installer. Pour ses qualités mais aussi parce qu'elle nécessite peu d'investissements. «Nous gagnons notre vie parce que nous sommes autonomes pour l'alimentation des bêtes. Nous n'achetons rien». Le Morbihannais encourage d'autant plus les jeunes à se lancer que la demande en produits typés est forte en Bretagne. «De plus, les circuits courts sont en place avec des coopératives bio et des regroupements de consommateurs. Quand on a commencé, on faisait cinq marchés. Aujourd'hui, on ne va plus qu'à Questembert, le lundi, à Rennes (aux Lices), le samedi et on vend directement à la ferme».

Relancer la race pie noire

«Mais encore faut-il que les écoles d'agriculture jouent le jeu en présentant l'option pie noire, souligne Vincent Thébaud. Et que l'on soit aidé par les pouvoirs publics pour l'animation et la promotion. Non pas pour sauvegarder la race - le cheptel est passé de 500.000têtes en 1950 à 350 en 1974. Nous en sommes à 1.300 - mais pour la relancer», ajoute-t-il tout en caressant affectueusement Pimprenelle. «On ne veut pas d'aides pour travailler. Mais pour la promotion, c'est différent. Car en défendant la race, c'est aussi la région et ses produits que l'on met en avant». À suivre demain : Jean-Pierre Duval producteur atypique de porcs fermiers.

  • Hervé Queillé
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3 réactions

  • tale...
    Le renouveau, pour quand ?
    Outre l'impact positif sur l'environnement je note que ce modèle propose de faire vivre 5 couples sur 100 H, voilà qui revitaliserait nos villages désertés... Je pense qu'à défaut de subvention il faudrait leur reverser une partie des taxes dont les pollueurs se disent victimes (Télégramme de la semaine passée). tous les bassins versants devraient adopter ce modèle... Mais ou est la réelle volonté plitico éonomique de bouger le mammouth.
    Ajouté le 25 février 2011 à 15h18
  • flipper
    vive la bretonne pie noire bretonne
    le prochain salon de l agriculture aura lieu à PÉKIN (inscrivez vous pour boire du lait breton)
    Ajouté le 24 février 2011 à 12h19
  • biloutic
    Label Produit en Bretagne
    Bravo à ces éleveurs qui savent concilier leur passion, l'écologie et leurs revenus, ceci sans tomber dans la nasse des grosses industries agro-alimentaires. Ce sont leurs productions qui méritent le label "produit en Bretagne".
    Ajouté le 24 février 2011 à 08h06

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