Pétard mouillé. Bof Dylan...
Attendu comme le messie, Bob Dylan a déçu hier soir à Carhaix, livrant au public des Charrues, habitué à davantage de générosité, un service minimum, bien en deçà des canons du festival. Venu. Vu. Guère convaincu.
À vrai dire, c'est un poil ce qu'on craignait. C'est peu dire que Bob Dylan a partagé le public, hier soir à Carhaix. En deux parties assez inégales. D'un côté, les fervents, manifestement motivés et même chauffés à blanc devant l'importance quasi-historique de l'événement (Dylan à Carhaix, tout de même), mais sensiblement minoritaires. Et, de l'autre, le plus gros des spectateurs vite lassés de ne se voir servir que des titres obscurs - sauf peut-être ce magnifique «Things have changed» hélas trop méconnu en France - et qui, pour beaucoup, ne se sont pas gênés pour le signifier haut et fort, sifflant même copieusement la vieille idole et s'égaillant ailleurs sur le site, en quête de quelque chose de plus palpitant au goût de leur tympan.
Petit, loin figé: triste
Il faut reconnaître, même s'il n'y est pour rien, que le Zim d'aujourd'hui, physiquement, n'a rien de particulièrement charismatique. Et qu'on ne peut pas dire que les rares déplacements du piano au micro, qui lui tiennent lieu de jeu de scène, arrangent quelque chose à l'affaire. Pas si grave, un certain esprit folk conservé, sans doute. Là où le bât blesse, en revanche, c'est que l'icône capricieuse n'avait de surcroît accepté d'être filmée que par une seule caméra, fixe, et de très loin. Aucun plan serré. Chacun (sauf les premiers rangs, bien sûr) devant se contenter d'apercevoir une vague silhouette quasi-statique. Même pas le strict minimum acceptable.
Sec et sans rappel
Manque de respect pour le public? Oui. Idem pour les photographes professionnels interdits de pratiquer leur métier. Obscures motivations d'ordre commerciales? Difficultés à assumer son âge? Allez savoir. Regrettable, en tout cas. Dylan ou pas Dylan. Le contraire d'un Sting impeccable et généreux, la veille au soir, et qui lui aura fait l'unanimité. Il est loin, en tout cas, le temps du jeune poète d'antan, certes revêche, mais bien au-delà de ce genre de préoccupations. «Things have changed» (les choses ont changé), effectivement. Alors, certes, au bout d'une heure trente, enfin un standard «Like a rolling stone», mais il est déjà bien tard. Aucun rappel n'a été effectué. Ni même réclamé.
5 réactions
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anneL
dylan for ever
Quelle tristesse de voir ce journaliste abattre Monsieur Dylan ainsi dans ses deux articles.Ce poète de 71 ans qui a fait vibré plusieurs générations.
Ses textes ,ses mélodies sa voix si particulière.Eh oui la voix! ,ce n'est plus la même peut-on ne pas lui pardonner ,lui qui nous a donné tant de bonheur.Notre Poutou national l'a même traité de vieux con!Quelle indignation.
Si j'ai bien compris tout ce qui est vieux ne vaut plus rien .J'ai même lu un article où l'on traitait Mike Jagger de vieux singe .Moi je m'incline devant ces personnages si rares qui ont fait vibrer des milliards de personnes et vendus autant de disques .Pauvre France .Je peux vous dire ,parce que j'y étais ,que beaucoup de gens étaient impressionnés et émus de le voir .Pour moi ,c'est sûr j'y retournerai le voir alors que je l'ai déjà vu plusieurs fois."DESOLATION ROW
Ajouté le 25 juillet 2012 Ã 00h58
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botul
qu'elle est la différence...
entre les dinosaures du Rock et les éléphants de la politique? ben y'en a pas , çà fait longtemps que plus personne n'y croit mais on continue d'aller les voir ou de voter pour eux en espérant un miracle ;-)))
Ajouté le 23 juillet 2012 Ã 17h28
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vénéneux
Oui
Vous avez de la chance d'avoir vu le Zim, les mecs, même sur le retour, usé ou pire. C'est mieux qu'une icône, c'est le siècle dernier dans ses moments les plus forts et à lui seul, ce monsieur. L'esprit du siècle qui résiste au fric, aux bombes, aux salauds, à l'ignominie sous toutes ses formes.
Aller voir Dylan, à Carhaix ou ailleurs, ce n'est pas s'acheter une place de concert et passer un moment fun ou top. c'est mieux, c'est pire. Vous avez vu et un peu entendu une voix et le bonhomme qui la porte dans le monde, partout et qui est toujours vivant, une vigie, un veilleur. Fallait savoir avant d'y aller dans quel état de voix il se trouve, quel répertoire demeure le sien. Savoir ce que c'est, Bob Dylan. Pas aller le comparer à Sting ou à on ne sait qui. Ils n'ont ni le même palmarès ni la voix qui aura porté semblablement dans le monde. Il est passé par là , comme il est. Il est reparti. Vous n'avez pas la bonne photo ? Et alors ? Pas joué à l'idole ? Et alors. Vous étiez déguisés en Super Héros ? Lui, les super héros, il a assez dit comment ils ont pourri le monde. Faut savoir ce qu'on veut, faut savoir qui on est. Et ce qu'on fait là .
Salutations, les Super machins des Vieilles machines.
Ajouté le 23 juillet 2012 Ã 14h31
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leK
des titres obscurs???
La setlist proposée aux vielles Charrues regorge de classiques : Leopard Skin, Blowin' in the wind, Highway 61, All along the watchtower.
On a connu Dylan plus aventureux! Bref, le journaliste devrait d'abord aller réviser ses classiques...
Ajouté le 23 juillet 2012 Ã 12h20
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belenus
Comparer Dylan et Sting
est aussi incongru que de comparer un thon rouge avec un hareng ....Tous les grands ont des soirs "sans" hélas pour le public: Hallyday, Springsteen, Madona et ils sont plus jeunes alors.....Mansuétude pour une icône que beaucoup méconnaissent mais jugent ,obsédés par la prétention du jeunisme.
Ajouté le 23 juillet 2012 Ã 10h45
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