13 octobre 2009 - 1 réactions
> Piraterie. Le Glénan et le Drennec attaqués (10 octobre)
> Thoniers attaqués. Les pirates présumés du bateau-mère remis en liberté (12 octobre)
"Le Via Avenir et le Via Mistral (*), ont été poursuivis par deux skiffs avec quatre à cinq pirates à leur bord mardi matin vers 10 h 30 GMT", a précisé ce matin l'armateur Saupiquet basé à Concarneau (Finistère).D'après le porte-parole de l'état-major des armées, Christophe Prazuck, il s'agit "selon toute vraisemblance par des pirates somaliens" écrit L'Express.
Toujours selon l'armateur, "les militaires (qui se trouvaient à bord, ndlr) ont riposté par des tirs de sommation". L'échange de tirs aurait duré une dizaine de minutes. "Les skiffs semblent avoir renoncé à la poursuite", précise-t-il. Selon nos informations, les embarcations des présumés pirates transportaient respectivement trois et quatre personnes.
D'après l'agence France Presse, citant une source occidentale naviguant sur zone, "les esquifs étaient dissimulés sous une bâche bleue, vraisemblablement pour se camoufler sur les flots. A la vue des thoniers, les esquifs ont débâché et ont foncé pour les rattraper".
"Ils se sont approchés au plus près des bateaux"
Joint par téléphone vers 13 h, heure française, le commandant du Mistral, Christian Lastennet, a précisé que "les pirates se sont approchés au plus près du bateau". "A la deuxième salve de tir des militaires, ils se sont enfuis. Ils sont courageux, mais pas téméraires", raconte-t-il.
Selon Christian Lastennet, l'équipage du Via Mistral a vécu l'attaque "de façon sereine" grâce "à la présence des militaires français à bord". Il a ajoute que "les pirates sont très déterminés". "On sent qu'ils ont une obligation de résultat. Aujourd'hui, on ne peut plus se permettre de travailler sans protection."
Les deux bateaux avaient quitté les Seychelles la veille
Selon nos sources, les deux navires de Saupiquet se trouvaient à environ 600 milles (environ 1.100 km) du littoral somalien. Ils faisaient route ensemble, vers leur lieu de pêche. Ils avaient quitté le port de Mahé (Seychelles) la veille et ne se trouvaient pas très loin des côtes de l'archipel au moment de l'attaque.
Dix thoniers senneurs français pêchent actuellement dans cette zone ainsi que quinze thoniers espagnols, qui eux, n'accueillent pas de militaires à leur bord. L'un d'eux, l'Alakrana, a été capturé le 2 octobre entre la Somalie et les Seychelles, avec 36 marins à son bord. Malgré leurs demandes, les navires espagnols ne bénéficient pas d'une protection armée.
Samedi dernier déjà, des militaires français, embarqués à bord du Glénan et du Drennec avaient ouvert le feu sur des pirates, dans l'Océan indien, pour repousser une attaque. Les deux thoniers attaqués le week-end dernier appartiennent à l'armement Cobrepêche, basée à Concarneau (29). Les autorités seychelloises ont remis les pirates suspects en liberté dimanche, faute de preuve, après les avoir interceptés.
Ces embarcations clandestines pourraient avoir participé à l'attaque perpétrée ce matin, les deux incidents ayant eu lieu dans un périmètre relativement rapproché.
(*) Le Via Mistral a déjà une expérience des situations de crise. En novembre 2004, il est intervenu en Côte d'Ivoire pour évacurer des ressortissants français piégés par les troubles. Cet été, en juillet, il a été dérouté pour participer aux recherches des débris et éventuels survivants du crash de la Yemenia airways.
"Sans la présence de la Marine française (dans l'Océan indien), l'activité de pêche dans ce secteur serait terminée", a déclaré M. Riva, directeur de l'armement Saupiquet qui a vu deux de ses thoniers attaqués ce matin par des pirates. "Pour la deuxième fois, le système qui a été mis en place prouve qu'il est efficace. Les commandants et les équipes se sentent rassurés", estime-t-il.
Le feu, "en dernier recours"
M. Riva a précisé que la Marine n'ouvrait le feu qu'en "dernier recours", en adoptant une "position de légitime défense". Les équipages étaient pourtant très partagés à l'idée d'accueillir à bord des militaires, a-t-il indiqué. "Certains étaient d'accord, d'autres pensaient que leur présence allait transformer les thonier en +bateaux de guerre+".
Mais la "meilleure arme" des pirates "est la surprise", a-t-il ajouté, écartant le risque d'une escalade armée entre militaires embarqués et pirates.
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