6 novembre 2009
Des carottages ont été effectués récemment sur les terrains qui doivent accueillir le futur aéroport de Notre-Dame- des-Landes. Opération encadrée d'une manière musclée par la gendarmerie. Sur place, les opposants n'entendent pas baisser les bras.
> 480 élus opposés au projet
«S'ils veulent un nouveau Plogoff, ils l'auront!». Sylvain Fresnau, 47 ans, n'a rien d'un «anar'» qui aurait trouvé dans l'aéroport international de Notre-Dame-des-Landes, une nouvelle occasion de croiser le fer avec le pouvoir. Cet agriculteur qui dirige une vaste exploitation est né et entend continuer à vivre à Notre-Dame-des-Landes. «Centhectares, sur les 180 de notre exploitation, sont sur l'emprise de l'aéroport. L'autre jour, la chambre d'agriculture m'a proposé 80 hectares à exploiter à la limite du Maine-et-Loire, à 80km de là. Hors de question de partir».
500 emplois directs menacés
Sylvain n'est pas le seul dans ce cas. «Une cinquantaine d'exploitations sont menacées, soit environ 500 emplois directs et indirects», poursuit DominiqueFresneau, son cousin, président de l'Acipa (*), l'association locale qui s'oppose farouchement au projet. Les deux hommes sont combatifs. «Ces derniers mois, les choses ont évolué. On a réussi à convaincre beaucoup de gens que si cet aéroport était néfaste ici, il le serait aussi ailleurs. Les porteurs du projet avancent des arguments vieux de 20, voire 30ans. Notre grande semaine de résistance organisée cet été a vraiment marqué les esprits».
Un dossier qui pèsera lors des régionales
À la Vache Rit, le local de l'association, les deux cousins en sont persuadés. Les choses ont évolué en leur faveur ces derniers mois. «Joël Batteux, le maire de Saint-Nazaire, qui est vice-président du syndicat de l'aéroport, commence à émettre des doutes sur la viabilité du projet. D'autres élus nous cautionnent à présent(lireci-dessous). Nous avons le sentiment que nous avons gagné du terrain». Les hommes ne sont pas dupes. Ils savent très bien que le dossier pèsera de tout son poids dans la campagne pour les régionales. D'ailleurs, ils ont prévu d'interpeller les candidats sur le sujet. En attendant, le mot d'ordre reste la visibilité et les actions se multiplient.
360 militants pour une vigie
Face au conseil général de Loire-Atlantique qui, à ce jour, a acquis les trois quarts des terres réservées à l'aéroport, l'Acipa a installé une vigie. Cela fait un an que, tous les jours, de 8h à 18h, des militants transformés en hommes-sandwichs informent les Nantais sur les nuisances du projet. Leur pétition a recueilli 14.000 signatures. «Grâce à nous, les conseillers généraux pensent, tous les jours, à Notre-Dame-des-Landes plaisantent Philippe et Jean-Louis, deux des 360 militants qui se relaient sous les fenêtres de Patrick Mareschal, président PS du Département. Il paraît que ça l'agace».
Occuper le terrain
Pour l'heure, les opposants se battent avec leurs sourires. Mais ils se disent disposés à occuper plus fermement le terrain s'il le faut. Les récents sondages encadrés par la gendarmerie ont laissé des traces dans la commune. Les fouilles de véhicules des habitants ne sont pas sur le point d'être oubliées.
* Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Site internet: acipa.free.fr
Site officiel du projet: http://www.aeroport-grandouest.fr/
Repères
Coût estimé du projet: 581millions d'euros. -
Emprise au sol: 1.600 hectares.
Emplois: 4.000 durant les trois années du chantier.
Ouverture prévue: 2015.
Fermeture de Nantes-Atlantique: avant 2018.
