16 mars 2010
La sénatrice et conseillère régionale socialiste de Loudéac (22), Jacqueline Chevé, s'est éteinte hier matin, à Paris. Elle aurait eu49ans le 21août. Sa disparition a frappé tous ceux qui l'avaient rencontrée, voici quelques jours encore, alors qu'elle battait la campagne au côté de Jean-Yves Le Drian. Elle figurait, en effet, en dixième position sur sa liste. Mais la maladie contre laquelle elle luttait depuis des années, avec courage et lucidité, a eu raison de cette femme de conviction. Native de Merdrignac (22), ce petit bout de femme savait ce qu'était l'engagement. Militante associative dès son plus jeune âge, elle fut d'abord animatrice avant de devenir directrice de la Mission locale du Centre-Bretagne. Auprès des jeunes, elle savait retrousser ses manches pour les aider à s'insérer socialement et professionnellement. Il n'est pas étonnant qu'en 1997, le député DidierChouat (PS) lui ait demandé d'être son attachée parlementaire. Elle apprendra tout des rouages de la politique sans jamais perdre son amour des gens, des causes justes et du Centre-Bretagne.
Pas la langue de bois
Elle savait que pour agir, elle devait entrer en politique. Jacqueline Chevé a fait son chemin en imposant son style: la loyauté, la force de persuasion sans langue de bois, la proximité. En 2002, elle avait été élue conseillère municipale à Loudéac. En 2004, elle était entrée au conseil régional. Et c'est en 2008 qu'elle a été brillamment élue, dès le premier tour, sénatrice des Côtes-d'Armor. Son suppléant, Ronan Kerdraon, maire de Plérin, a salué avec émotion «une femme de conviction, humaniste, ayant un sentiment aigu de la justice sociale». Un sentiment largement partagé par la population de Centre-Bretagne, où l'annonce de sa disparition a suscité une réelle tristesse Un hommage civil lui sera rendu vendredi, à 14h, au palais des congrès de Loudéac.