27 août 2011 - 3 réactions
«J'ai eu plusieurs petits bateaux mais je suis vraiment un marin d'eau douce...». PatriceVigliano(à droite sur la photo) le confesse dans un sourire. Il ne possède pas le permis bateau et n'aime pas s'encombrer de bidons d'essence quand il sort en mer. Pour la première fois cette saison, cet entrepreneur retraité concilie l'inconciliable. Il prend la mer avec seulement «une petite clé dans sa poche»: celle de son «pêche-promenade» à toit solaire, le premier bateau du genre en France conçu par Naviwatt, une petite société de Saint-Gildas-de-Rhuys créée en 2008 et spécialisée dans la navigation électrique.
Jusqu'à dix noeuds de vitesse
Doté de panneaux photovoltaïques et d'une batterie au lithium (lire par ailleurs), le Zéphyr a une autonomie de huit heures et se recharge non pas au grand soleil mais à la lumière naturelle, y compris par temps gris. «Que l'on soit à Dunkerque ou sur la Côte d'Azur, c'est la même chose». Selon son concepteur, l'architecte naval Yannick Wileveau (à gauche sur la photo), directeur de Naviwatt, il faut quatre jours pour le recharger à la lumière naturelle lorsque la batterie est épuisée. Une possibilité de recharge électrique en deux à trois heures a toutefois été prévue. «Mais ce bateau n'a jamais été rechargé à quai depuis le début de la saison».
Les avantages du Zéphyr ? Son propriétaire Patrice Vigliano, fervent militant des énergies renouvelables (sa dernière société était spécialisée dans le photovoltaïque), les énumère avec l'enthousiasme de celui qui n'est plus à convaincre. «Il ne pollue pas, ne fait pas de bruit, n'est ni dépendant de l'électricité, ni d'un ponton. Il se conduit sans permis et peut atteindre huit à dix noeuds de vitesse. Il est économique puisque l'on n'achète plus d'essence. Comme il est ouvert sur l'arrière, on peut se rapprocher des plages et embarquer des personnes handicapées».
Plus efficace que l'éolien
Patrice Vigliano ne voit qu'un inconvénient à son nouveau bateau: il ne passe pas inaperçu dans le port de Saint-Pierre-Quiberon, où il est amarré. «Tous les propriétaires de bateaux à moteur thermique qui passent à côté de nous, veulent le visiter. Je passe mon temps à promener des gens enchantés. La seule chose que l'on ne puisse pas faire avec, c'est du ski nautique!». Sourire du concepteur, Yannick Wileveau, qui était loin de penser au ski nautique lorsqu'il a planché sur le dernier-né de Naviwatt. Cet ingénieur de formation travaillait depuis un an sur le bateau électrique lorsque Patrice Vigliano lui a parlé du photovoltaïque, au salon nautique Mille Sabords. «Nous avions déjà un prototype en bois. Des énergies renouvelables comme l'éolienne avaient déjà été intégrées. Mais le photovoltaïque, c'est plus efficace. Pour obtenir la même énergie que le photovoltaïque avec une éolienne, il faudrait un vent de 30 noeuds. Et l'été, il n'y a pas beaucoup de vent...».
Pour «un peu moins de 30.000 €»
Avec les panneaux photovoltaïques arrondis, «de haut de gamme», fournis par PatriceVigliano, le Zéphyr nouvelle version a été fabriqué en trois mois. Design épuré, toit rabattable à la manière d'un cabriolet, carlingue légère, le dernier-né de Naviwatt coûte «un peu moins de 30.000 €». Cinq exemplaires ont déjà été vendus. Tous les acheteurs ont le profil de PatriceVigliano. «J'ai pris conscience que notre planète est une poubelle. Je me suis dit: comment je peux apporter ma contribution ? Mon seul but, c'est que ce bateau se développe». Un bateau que Patrice Vigliano a rebaptisé en breton «didrouz». Comprenez «silencieux».