Mobilité. Les Bretons ont la bougeotte
C'est en Bretagne que l'on bouge le plus. Qu'il s'agisse des parcours quotidiens ou des voyages plus lointains, les Bretons sont les champions pour la fréquence, la distance et la vitesse des déplacements (*). Mais aussi pour l'usage de la voiture.
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FRÉQUENCE. Chaque jour de la semaine, un Breton effectue 3,5 déplacements, soit 13 % de plus que la moyenne nationale. C'est le record de France, à égalité avec les voisins des Pays-de-la-Loire.
VITESSE. Avec une distance quotidienne parcourue de 29 km, c'est encore 14 % de plus que la France. Cette distance est parcourue en 54,6 minutes, soit une vitesse moyenne de 31 km/h contre 26 km/h nationalement.
VOITURE. 72 % des Bretons utilisent leur voiture comme principal mode de transport, alors que le chiffre français n'est que de 64,8 %. Pour tous les autres moyens de déplacements, la région est loin derrière : 20 % pour la marche à pied (22,3 pour la France), 5,2 % pour les transports collectifs (8,3 %), 1,2 % pour le vélo (2,7 %).
DOMICILE-TRAVAIL. La distance moyenne est de 15,7 km effectués à 53,2 km/h, alors qu'elle est de 14,7 km à 44 km/h en province (39 km/h avec la région parisienne). Ainsi, 10 % des actifs bretons mettent-ils moins d'un quart d'heure à se rendre au travail, alors qu'ils sont 13 % en moyenne de province.
CONDUCTEURS. Le recours massif des Bretons à la voiture explique cette rapidité de trajet vers le travail : ils sont 81,7 % à conduire leur véhicule et 4,1 % à y être passagers (68,7 % et 3,6 % en France). Les transports urbains sont peu utilisés (2,2 % contre 4,1 % en province et 11,9 % en métropole, Ile-de-France comprise) tout comme le train (0,5 %, trois fois moins qu'en France).
GÉOGRAPHIE. L'usage prépondérant de la voiture s'explique par le tissu urbain de la Bretagne. À la différence de la plupart des autres régions où une grande métropole concentre l'essentiel de la population et des emplois, ce tissu est composé de deux métropoles et d'un réseau dense de petites et moyennes villes où la démographie est dopée par le goût marqué des Bretons pour la maison individuelle.
ROUTES. Ce maillage est évidemment peu propice au développement des transports urbains, où seules les villes les plus importantes peuvent offrir un service. À cela s'ajoute la qualité du réseau routier, moins sujet qu'ailleurs aux embouteillages, qui contribue à la performance de l'automobile.
COÛT. La voiture, c'est rapide et c'est commode mais c'est cher. De plus en plus cher. Sans doute est-ce la raison de la progression rapide du trafic ferroviaire régional, aux tarifs attractifs et aux cadences renforcées : le nombre de passagers a progressé de 38 % en quatre ans et le prix du carburant devrait encore contribuer à son essor.
* Étude de l'Observatoire régional des transports, réalisée sur la base de l'enquête nationale "Transports et déplacements 2008".
André Jourt. «Le Breton aime sa voiture»
Pourquoi les Bretons sont-ils plus mobiles que dans d'autres régions ?
Au-delà du fait que les Bretons ont une capacité à bouger facilement, la géographie et l'aménagement du territoire y sont pour beaucoup. La Bretagne se caractérise par un maillage très dense de petites villes, voire de villages, ce qui impose, souvent, de se déplacer pour aller travailler.
Pourquoi utilisent-ils plus la voiture qu'ailleurs ?
Le réseau de transports publics y est moins développé qu'ailleurs : 2,2 % des Bretons les utilisent pour aller travailler contre 4,1% dans d'autres régions de province et 11,9 % au niveau national, si on tient compte des métropoles urbaines. Ceci dit, si les Bretons vont travailler un peu plus loin qu'ailleurs, ils y accèdent plus rapidement, aussi. Mais j'ai tendance à penser que, fondamentalement, dans une région comme la nôtre, la voiture est devenue une prothèse de liberté, c'est un prolongement de soi qui permet d'aller plus vite, plus loin et de façon agréable. On voit encore plein de gens qui se déplacent seuls dans leur auto. Cependant, conscience écologique ou (et) augmentation du prix des carburants obligent, le covoiturage se développe rapidement. Mais la voiture n'est pas morte, sachant que les constructeurs vont proposer d'autres modes d'énergie.
Y a-t-il eu des surprises dans cette enquête ?
Je pensais qu'on était plus marcheurs pour se rendre au travail (7,1 % contre 9,1 % de moyenne nationale) et que les deux-roues motorisés étaient plus utilisés (1,6 % contre 2,8 %). Mais cette étude date de deux-trois ans et les choses évoluent très vite. Il y en a sans doute plus aujourd'hui.
- Propos recueillis par Hervé Queillé
Gérard Lahellec. «Les transports publics progressent»
Pourquoi les transports publics sont-ils moins développés en Bretagne ?
Cela s'explique principalement par la géographie péninsulaire d'où découlent deux grands axes ferroviaires, au nord et au sud, et un axe routier central. Ce qui impose des infrastructures longues pour des territoires peu denses en population. Il faut cependant remarquer que les transports publics se développent aussi bien, voire plus, que dans d'autres régions et que la croissance du trafic interville tend à démontrer que les transports publics captent du trafic à la route. Enfin, le transport public qui se développe le plus est le trafic urbain et périurbain, c'est-à-dire le trafic de service public quotidien.
Comment la Région peut-elle agir pour les développer ?
Tout d'abord en les diffusant sur la totalité des territoires et en les rendant accessibles à toutes les catégories sociales. C'est sur cette base que nous visons le triplement de la fréquentation des TER, d'ici à 2020. Ce qui implique des dessertes plus nombreuses, des infrastructures plus modernes, des matériels de bonne qualité et une politique tarifaire accessible à tous.
Y a-t-il eu des surprises dans l'enquête ?
En Bretagne, on se déplace nettement plus le samedi que dans d'autres régions. Il faudra en tenir compte pour l'offre en transports publics qui, aujourd'hui, est moins importante ce jour-là. D'autre part, on utilise peu le vélo chez nous. Manque d'abris sécurisés? Réseaux de pistes cyclables pas assez nombreux ou bien adaptés? En tout cas, on enregistre un retard.
- Propos recueillis par H. Q.
Pour les longues distances également
Avec 6,6 voyages par personne et par an, les Bretons sont plus voyageurs que la moyenne française (6,4). Là aussi, ils ont plus recours que les autres à la voiture mais aussi à l'avion (6,2 % contre 5,7 %) au détriment du train (12,3 % contre 17,7 %). La rançon de la situation géographique de la Bretagne, évidemment. (Photo Patrick Chevalier)
60,2 milliards de déplacements sur un an
Au niveau national, la mobilité à longue distance représente, sur une année, 789 millions de déplacements sur un total de 60,2 milliards. Comparé au nombre de déplacements locaux, cela représente donc un poids très faible (1,3 %). Mais il en est, bien sûr, tout autrement si on raisonne en voyageurs-kilomètres : la mobilité à longue distance représente alors 40 % des distances parcourues (335 milliards sur un total de 837 milliards de voyageurs-kilomètres).
Les hommes plus que les femmes
Toujours dans le cadre des voyages à longue distance, au sein de la population bretonne, les hommes voyagent plus que les femmes. Les Bretons se déplacent, en effet, beaucoup plus pour des motifs professionnels que les Bretonnes (respectivement 2,4 et 0,7), même si, tout comme au niveau national, cet écart tend à diminuer.
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