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Bretagne

Michka Assayas. Le critique rock joue la diversité

6 septembre 2009

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«Solo», son dernier roman, vient de paraître chez Grasset. Le critique rock, romancier, scénariste et depuis peu musicien Michka Assayas sera à Lorient le 19septembre pour une étonnante rencontre avec ses lecteurs.



Dans votre dernier roman, Denis Guillerm, le personnage principal, est un animateur de radio qui évolue dans le milieu du rock underground. Quelle est la part d'autobiographie?
Aucune! Même si c'est très banal pour un écrivain de dire ça, j'ai mis un peu de moi dans tous les personnages du roman. Je me suis également inspiré de gens que j'ai connus ou croisés à une certaine époque, mais ça s'arrête là. En plus, j'ai bossé sur ce livre pendant trois ans. À l'époque, je n'animais pas encore «Subjectif21», sur France Musique.

Le portrait que vous brossez de votre génération et des années 80 n'est pas toujours très joyeux
. Je me souviens, lorsque j'étais plus jeune, nous en voulions beaucoup à toute la génération des soixante-huitards qui nous avait laissé un monde vraiment pourri. Aujourd'hui, c'est à notre tour d'évoquer ce que nous avons laissé aux plus jeunes. Et il faut bien avouer que c'est plutôt merdique! Le bilan n'est pas très brillant. Nous sommes responsables des choses que nous n'avons pas faîtes ou avons laissé faire.

Vous avez travaillé à Rock & Folk ou aux Inrockuptibles comme critique. Quel regard portez-vous sur la production actuelle?
La rébellion, propre à l'essence du rock, n'existe plus. Être «rock» ou rebelle aujourd'hui, c'est plus une posture qu'autre chose. Dans les années 90, le rap a pris la part sociale du rock et l'a perdue à son tour. Aujourd'hui, tout cela est très institutionnalisé. Les gens savent parfaitement accorder leurs guitares mais ils n'ont plus rien à dire. Cela me fait penser à ses intellectuels des pays de l'Est qui se sont retrouvés complètement désemparés après la chute du Mur parce que la lutte contre le totalitarisme était leur unique carburant.

Vous jouez vous-même dans un groupe depuis peu.
Ça va faire deux ans. J'ai toujours été fasciné par la force de la musique et des chansons. En deux ou trois minutes, vous pouvez être transporté complètement ailleurs. Ça peut bouleverser votre vie. Ça fait un peu genre «le critique qui passe de l'autre côté», mais je m'éclate. J'ai l'impression de commencer une nouvelle vie.

D'ailleurs, lors de votre passage au Galion à Lorient, vous aller donner un concert.
Oui. Au lieu de faire une tournée classique où l'auteur se pose dans un coin et signe son roman, j'ai eu envie de faire quelque chose d'un peu moins conventionnel. Pratique Michka Assayas sera à 19h, samedi 19septembre, au bar Le Galion à Lorient.

  • Propos recueillis par Gaël Bocandé
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