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Lorient. Retour à terre pour le commando rameur

12 mai 2009

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On a beau être endurci par 52 jours de mer, seul sur un canot à rames et, avant, par toute une carrière chez les commandos de marine, il y a des moments où l'on ne peut réprimer une larme d'émotion.

Le capitaine de vaisseau Bertrand de Gaullier des Bordes, commandant de la logistique à la base des fusiliers et commandos de marine (Fusco) de Lorient, n'y a pas échappé. Ce fut sans doute le cas lorsqu'il retrouva sa femme et ses enfants, là-bas en Guyane, après 36 heures de dérive dans l'Atlantique, accroché à son canot. Ce fut encore le cas, aujourd'hui, à l'issue d'une accolade avec son supérieur, le contre amiral Marin Gillier, commandant la force Fusco, sous les applaudissements de ses hommes. Une simple et brève cérémonie surprise pour marquer le retour « au pays » du concurrent malheureux à la transat Bouvet Rames Guyane (Le Télégramme des 28, et 30 avril). Alors que son commandant résumait l'épisode en trois mots : «volonté, persévérance, ténacité, c'est tout ce qu'il faut dans notre métier», Bertrand de Gaullier Desbordes se montrait tout aussi sobre sur son aventure (2.600 milles à travers l'Atlantique, en 52 jours, à la rame), que sur ces sentiments, mais avec éloquence.

Déception et reconnaissance
«Merci à tous, si je suis là, c'est aussi grâce à vous. Je suis sensible à l'honneur que vous me faites, mais cette affaire restera pour moi un échec, de ne pas avoir franchi la ligne d'arrivée, alors que j'étais sans doute l'un des mieux préparés. Il reste, maintenant, les bons côtés : la fraternié entre concurrents et l'aventure humaine, cette formidable mobilisation autour de moi. Je me demande d'ailleurs si je n'aurais pas dû arrêter plus tôt car au bout de quatre jours, je n'avais plus que la moitié de ma propulsion : je souffrais d'une tendinite à un bras et un violent coup de rame sur une cuisse m'a fait souffrir au point que j'ai d'abord cru à une fracture».

Retour au service
Amaigri (il a perdu 13 kilos), le commandant de commandos arrivé jeudi dernier à Lorient, reprendra le service lundi. «Le plus vite possible pour éviter de gamberger». Repartirait-il pour une telle aventure ? «S'il n'y avait que moi, oui à coup sûr. Mais je ne voudrai surtout pas replacer ma famille dans une telle situation : pendant deux jours, mon épouse s'est vue veuve, mes enfants orphelins. Mes parents avaient déjà connu une telle épreuve avec la mort accidentelle de mon frère...»
Entouré de son commandant et de son second, le capitaine de frégate Patrick Stampa, le «G.O» organisateur du comité de soutien, Bertrand de Gaullier des Bordes pouvait savourer son retour parmi les siens, à Lorient.

  • Paskal Mazé
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