5 février 2012
Il devait être le premier candidat à la présidentielle à monter sur un sous-marin nucléaire à l'Ile-Longue mais François Hollande s'est fait doubler. Avec la fourberie d'un pirate anglais, Bayrou a réussi à le devancer, avec la complicité de l'Élysée qui lui a donné l'autorisation de passer avant le favori des sondages qui s'était pourtant inscrit le premier. Ah, les canaillous... Mais Hollande n'a pas eu l'air trop affecté. Lundi, à Brest, il a fait une plongée au milieu d'une marée de journalistes qui ont failli l'engloutir sur la place de laLiberté. Il a réussi à tenir la tête hors de l'onde pour confier à la meute: «A l'Ile-Longue, j'étais à bord du Triomphant. Je n'ai pas trouvé LeModeste...». Remarquez, avec les quatre SNLE français, on s'en tire toujours à son avantage. Outre Le Triomphant, on a LeVigilant, Le Téméraire et même Le Terrible. Les quatre noms auraient pu flatter ce que ses adversaires qualifient d'arrogance. Mais bon, tout ça, c'était avant la crise. Aujourd'hui, on ne donnerait sans doute plus de noms aussi ronflants à nos sous-marins. D'ailleurs, si Hollande est élu, le prochain SNLE devrait logiquement s'appeler Le Normal.
Tir de barrage
Jean-Yves Le Drian, lui, c'est plutôt Le Redoutable. Le président de la région Bretagne, donné favori pour le ministère de la Défense, a constitué une petite équipe de collaborateurs pour potasser tous les dossiers et s'exercer au cas où... Vendredi, au conseil régional, il a eu droit à un test quand Bernadette Malgorn, naviguant à bord de L'Adroite, lui a envoyé quelques mines anti-sous-marines. LeRedoutable n'a même pas changé de cap. C'est dire si pour l'atteindre, il va falloir trouver un lance-torpilles d'un autre calibre.
Entre deux eaux
Méhaignerie, lui, navigue à bord de L'Inoxydable. Après quarante années de vie politique, le champion breton des postes ministériels est actuellement entre deux eaux, en plongée périscopique. Et il ne veut toujours pas dire s'il va être, à nouveau, candidat aux législatives. Il a encore du temps devant lui, s'il se réfère à l'itinéraire de LoïcBouvard, alerte octogéneurUMP qui ne veut pas que le fils Guéant soit son successeur dans son fief de Ploërmel. Ses adversaires ont baptisé ça «Lethéâtre de Bouvard» mais ils devraient quand même se méfier: à 80 balais, Bouvard est encore capable de dézinguer quelques Grosses Têtes.
Remontée en surface
À Quimper, il y a du changement dans la composition de la force stratégique. L'an dernier, c'est le député Jean-JacquesUrvoas, Monsieur Sécurité du PS, qui avait une telle cote que la presse parisienne le voyait futur ministre de l'Intérieur. Mais, hélas pour lui, ce proche de DSK a été victime d'une relation précipitée du côté de Manhattan. Aujourd'hui, c'est le maire Bernard Poignant qui est remonté en surface au côté de Hollande. Au point que le président de la fédération de tennis, PatrickLeBacquer, lui a lancé lors d'une réunion: «Maintenant que vous allez avoir de hautes fonctions...». Pour un peu, il l'appelait LeTriomphant.
Tête chercheuse
Yannik Bigouin navigue, lui, à bord d'un sous-marin vert, submersible à pédales combiné à la propulsion hydrolienne. Vendredi, au conseil régional, l'élu écologiste a fait un grand numéro sur la place de l'art en Bretagne, s'en prenant soudain «à la construction de salles polyvalentes comme celle de Landivisiau où on pourrait mettre une usine à gaz» (ça tombe bien, il y a un projet dans l'air) en allant même jusqu'à faire une comparaison avec le XVIIesiècle où, dans le Léon, selon lui, il y avait une compétition pour savoir qui aurait la plus belle église. Le député de Landivisiau, Jacques Le Guen, alias Le Tonnant, lui a jeté le regard glacial d'un commandant de sous-marin soviétique à l'époque de la guerre froide. grainsdesel@letelegramme.fr
25 mai 2012

25 mai 2012 à 07h10