Laurent Voulzy. « Rockollection continue à m'étonner »
Inoxydable « Rockollection », que vient de réenregistrer son créateur Laurent Voulzy. L'idée de la version 2008 de ce tube-phénomène, entièrement remodelé, est « née en Bretagne », raconte l'éternel complice d'Alain Souchon.L'album « Recollection » a-t-il été conçu, comme de coutume, dans le Morbihan, avec votre compère Alain Souchon ?
Pas son écriture, mais l'idée d'un « Rockollection 2008 » est née en Bretagne ! Je me trouvais dans ma maison, à Carnac, quand j'ai appelé Alain, en août 2007, en lui proposant qu'on fasse quelque chose pour les 30 ans du morceau. Le lendemain, je découvrais un nouveau couplet sur mon répondeur. Il n'était pas question d'un album, mais tout s'est vite enchaîné...
Comment expliquez-vous le succès inusable de « Rockollection », depuis 1977 ?
Je ne me l'explique pas moi-même. Sur scène, il se passe toujours quelque chose de particulier avec cette chanson, comme s'il faisait tomber les barrières entre générations... Les plus de 50 ans redeviennent ados, les gamins adorent aussi. Sa popularité continue à m'étonner !
Est-il vrai que, malgré 4 millions d'exemplaires en Europe (*), la chanson ne vous a rien rapporté à l'époque ?
Oui. La maison de disques avait « juste » oublié de demander les droits de « Locomotion », « Satisfaction », etc. Et d'en imprimer les crédits sur la pochette... Cette fois, les demandes ont été faites... Enfin, bon, j'espère (rires)...
Nouvelle tournée en vue ?
On y réfléchit. Ce serait un tour des clubs, avec, à chaque date, un groupe local en première partie. Si ça se réalise, on passera évidemment par la Bretagne.
Trois albums depuis 2001, soit autant qu'entre 1977 et 1992... Laurent Voulzy est-il devenu stakhanoviste avec la cinquantaine ?
Rien n'a vraiment été calculé. Après « Avril » en 2001 », j'ai juste eu envie d'enregistrer un disque pour la plage, avec des reprises de chansons que j'adore. Ça a donné « La septième vague » (nº 1 des ventes durant six semaines en 2006, NDLR). Avec « Recollection », c'est pareil. Ce sont juste des désirs concrétisés.
Où en est cet album commun Souchon-Voulzy, annoncé en 2005 ?
À force de sans cesse le repousser, mieux vaut peut-être qu'on arrête de l'annoncer (rires)...
Le début de votre collaboration avec Souchon remonte à 1973. Comment êtes-vous parvenus à une pareille longévité ?
Nous sommes différents, Alain et moi, et certainement complémentaires. On n'est jamais resté fâché plus de quatre secondes... Le succès a joué son rôle aussi : quand le public apprécie votre travail, ça pousse à continuer.
Au fait, si vous avez de l'influence sur lui, pourriez-vous l'inciter à se produire aux Vieilles Charrues, comme vous en 2003 ?
Alain ne fait pas de festivals, je ne sais pas trop pourquoi. Mais si on sort un jour ce disque en commun, alors, peut-être.
Quelle est la chanson parfaite, à vos oreilles ? Et, parmi les vôtres, celle dont vous êtes le plus fier ?
Ah, la perfection... (long silence) Pour moi, ça passe d'abord par l'émotion... Paul McCartney m'a raconté que c'est justement ce qu'il recherche lui-même à chaque fois... Mais, s'il faut vraiment choisir, alors disons, « The boxer », de Simon and Garfunkel, « If you leave me now », de Chicago, « For no one » ou « Penny Lane » des Beatles, « God only knows » des Beach Boys, « Que reste-t-il de nos amours ? », de Charles Trenet, ou « Quelques mots d'amour », de Michel Berger. Et parmi les miennes, il y aurait « Le rêve du pêcheur » et « Amélie Colbert ». Pas vraiment de fierté là-dedans, juste la satisfaction d'avoir écrit quelques morceaux chouettes...
* En 1977, « Rockollection » fut nº 1 en France et en Espagne, nº 2 en Italie, nº 3 en Suisse, nº 6 en Suède, nº 8 en Allemagne...