5 juillet 2009
Ça bouge, en ce moment, dans le corps préfectoral. Et la Bretagne accueille son nouveau préfet de région, Michel Cadot, au parcours entamé dans la fameuse promotion Voltaire de l'ENA (1980), la seule à avoir fait l'objet d'un film sur les émois post-lycéens et les éveils prépolitiques. Dans cette promotion 80 de notre école d'administration, il y avait, entre autres, Dominique de Villepin, Ségolène Royal, François Hollande, Renaud Donnedieu de Vabres, Frédérique Bredin et bien d'autres, achevant leur année au moment même où Mitterrand prenait le pouvoir. Forcément, ça marque! Mais Michel Cadot a une autre petite particularité: il fut conseiller politique de Villepin à Matignon, ce qui par les temps qui courent, devrait être aussi handicapant que d'être porteur du choléra. Et pourtant non! Le voilà préfet de notre Région, preuve qu'entre Nicolas Sarkozy et la Bretagne, les relations sont d'une complexité digne d'un sujet d'examen pour l'entrée à l'ENA.
Partage des tâches
Et pendant ce temps-là , notre ex-préfet de Région, Jean Daubigny, a connu l'une des plus courtes mutations régionales, de Rennes à Nantes. De la préfecture de région de Bretagne à celle des Pays-de-la-Loire où il est nouveau préfet de Région mais également préfet de Loire-Atlantique. La Bretagne, la Loire-Atlantique... Du coup, tout s'éclaire. Maintenant, à Rennes, on a le préfet du grand pardon et à Nantes, le préfet de la réunification.
Point à la ligne!
François Philizot est, lui, le nouveau préfet du Morbihan. Déjà passé par la préfecture de Quimper, c'est un spécialiste quasi incollable sur les élections, capable de vous dire qui était député en Saône-et-Loire en juillet1963. Mais il a une autre petite particularité: il est intransigeant sur les règles typographiques dans les courriers qu'on lui adresse. Au point que les employés de la préfecture et des sous-préfectures du Morbihan ont reçu un petit mémento typographique. Ils ont donc intérêt à placer la virgule au bon endroit, à ne pas oublier de fermer les guillemets et à s'imprimer ça dans le crâne, sinon c'est lui qui va venir leur mettre les points sur les i!
Toujours le même
Yves Bonnet, ex-directeur de la fameuse DST, fut lui aussi en poste à la préfecture de Quimper, il y a une vingtaine d'années. Celui qui devint plus tard député avait surpris son monde par son côté peu protocolaire, voire même un brin provocateur. D'ailleurs, il n'a pas changé. De passage dans le Finistère, il rappelle volontiers certains souvenirs: «À l'époque, je disais aux Finistériens, apprenez le langage informatique et laissez tomber le breton!». Oups! Mais lui qui fut aussi préfet de Guyane a sa solution pour régler les problèmes économiques des territoires d'outre-mer: «Vous enlevez mille personnes et à la place, vous mettez mille Finistériens. Et vous allez voir!». Oui mais des Brestois ou des Quimpérois?
La forme!
Marie-Perrine Keraron en a connu des valses de préfets. Pensez, cette Lorientaise a 107 ans et elle vit toujours chez elle dans un appartement toujours très bien tenu puisqu'elle fut femme de ménage. Le secret de sa longévité et de cette forme exceptionnelle? On ne la connaît pas vraiment. Mais ses enfants ont des indices: tous les dimanches, elle regarde «LeJour du seigneur» et elle se marre en regardant Vidéo gag. Une tranche de foi et une tranche de rire: ça marche!
Malédiction!
Mais que se passe-t-il donc dans le Finistère? Dans le Léon, ce sont des hordes de chenilles qui ont envahi les champs. Quelques jours plus tard, des milliers de petits crapauds se sont mis à traverser la nouvelle passerelle de Châteaulin. Par Ramsès II, le Finistère va-t-il lui aussi subir toutes les plaies d'Égypte? Bientôt la grêle, les sauterelles, les mouches, les poux... Et si ça se trouve, un de ces quatre, on va même avoir des marées vertes! grainsdesel@letelegramme.fr
Lannion. Conseil général. Le territoire ne sera pas déshabillé