17 février 2008
Avant l'arrivée de l'homme, il n'y avait aucun vertébré terrestre aux Kerguelen. Aujourd'hui, lapins, rats, souris, pullulent. Les chats ont fait des ravages dans les colonies de petits oiseaux marins. Administration et scientifiques sont bien embarrassés pour gérer ces populations. De nouveaux équilibres naturels se sont créés au point qu'éradiquer une espèce n'est pas toujours la meilleure solution pour limiter les dégâts. Les Kerguelen sont donc un vaste terrain de chasse. « Il y a eu, depuis longtemps, des introductions volontaires ou involontaires sur l'île, explique Thierry Perillo, directeur du cabinet du préfet des terres australes et antarctiques françaises (Taaf). Des lapins ont été introduits pour transformer certaines îles en garde-manger de secours pour les naufragés. Au XX e siècle, il y a eu introduction de moutons, puis de vaches, de rennes et de mouflons. Le troupeau de moutons, aujourd'hui exploité sur une seule île, a l'intérêt d'être un groupe génétiquement pur, le plus important au monde de la race Bizet, du Cantal. Le mouflon s'est bien adapté. Nous avons décidé de le confiner sur une île où sa population est gérée. En revanche, le renne est une plaie car il nage, envahit tous les sites et agit sur un biotope de plantes à croissance lente ». À Amsterdam, ce sont les vaches introduites en 1870 par un éleveur puis abandonnées qui ont posé problème. Après avoir proliféré et causé d'énormes dégâts à la végétation, le troupeau est aujourd'hui parqué sur une partie de l'île et sert à l'alimentation. Les vaches sont retournées à l'état sauvage ce qui a fourni un champ d'étude inédit aux chercheurs. Parallèlement, des rats et des souris, venus par bateau, ont envahi les îles. « Les chats, on ne sait pas comment ils sont arrivés dans les années 1950, si c'est par accident ou pour éliminer les rats, dit Thierry Périllo. Avec les souris, les rats et les rennes ce sont nos cibles ». De multiples techniques ont été utilisées pour les éradications. À une époque, on a importé la myxomatose contre le lapin. Sur l'île voisine de Marion, les Anglais ont utilisé un virus contre les chats. Outre les risques de telles manipulations, les effets n'ont pas été probants. Sur l'île Marion, il fallut terminer le travail au fusil. Sur la petite île Saint-Paul, dans les années 1990, les rats et les lapins ont été éliminés après deux campagnes d'appâts empoisonnés et une campagne de chasse. « Pour lutter contre les plantes comme les pissenlits par contre nous sommes moins bons », constate Thierry Périllo. Kerguelen abritait 32 plantes « natives ». 70 plantes y ont été introduites.
21 mai 2012 à 15h00
21 mai 2012 à 14h20