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Journalisme. Trois femmes en politique

29 juin 2008

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Candice, Caroline, Armelle : elles sont d'origine bretonne, trentenaires et se sont toutes trois installées à Paris pour vivre de leur plume et de leur passion pour la chose publique. Entre voyages officiels et enquêtes de terrain, elles décryptent les hommes et les femmes qui nous gouvernent, avec fraîcheur et énergie. La nouvelle génération est en marche ! Quel est le quotidien d'une jeune journaliste ? Candice Nedelec : Ce n'est pas toujours la même chose, heureusement ! Le matin, à la conférence de 10 h, on définit les deux semaines à venir et on décide des sujets. Je suis en train de travailler à une enquête sur Ségolène Royal, que j'ai suivie une journée à Angoulême. Et dimanche dernier, j'ai passé la journée avec Laurent Wauquiez et sa famille, dans sa ville du Puy-en-Velay... Caroline Derrien : C'est un métier cyclique avec des enquêtes longues, où l'on reste au bureau, ou alors on part en reportage, comme avec Sarkozy en Israël. En ce moment, je prépare aussi un sujet sur le Front national, avec une interview de Jean-Marie Le Pen. Armelle Le Goff : J'arrive à 9 h 30 pour préparer la conférence de presse de 10 h 30, à « 20 minutes ». On a deux pages sur l'actualité internationale et nos lecteurs aiment les histoires humaines plutôt que la diplomatie. Alors, je pars régulièrement en reportage, avec Rama Yade en République démocratique du Congo, en Ukraine sur les déchets radioactifs, avec Sarkozy en Israël et bientôt en Éthiopie... Pourquoi avoir choisi la presse écrite ? CN : J'ai toujours voulu être journaliste. Mon père, journaliste à « La Provence », a tout fait pour m'en dissuader, mais rien à faire. Après avoir fait Sciences Po, à Aix, je suis arrivée à Paris. J'ai eu envie de voir ce qu'était la télé, à M6, mais c'était un peu frustrant, alors, je me suis dirigée vers la presse magazine pour avoir le temps d'enquêter, d'abord à VSD, puis à Gala. Aujourd'hui, la presse se peopolise et le people se politise ! CD : J'ai fait l'IFP (Institut français de presse) à Assas (Paris 2), après une licence d'allemand. Mon parcours me permet de toucher à tous les sujets et j'ai un vrai goût pour l'écriture, je ne me voyais pas faire autre chose (rires). ALG : Après Sciences Po à Grenoble et le Centre de formation des journalistes, je me suis dirigée vers la radio, et suis partie comme correspondante au Liban pour RTL. Mais c'est un média très dur, une minute à l'antenne pour 3 heures de boulot. J'ai ensuite passé quelques mois en Israël, quand j'ai appris que « 20 minutes » cherchait un chef de service étranger. Travailler dans un quotidien, c'était mon rêve ! Dans une interview récente, Laurence Ferrari disait qu'en tant que femme, elle avait dû se battre pour arriver là où elle est aujourd'hui. Avez-vous l'impression que c'est plus dur pour une femme ? CN : La presse s'est beaucoup féminisée, à VSD et Gala, il y a beaucoup de femmes... sauf les chefs de service ! CD : Comme Candice, je trouve que les postes clés sont détenus par des hommes. En politique, les femmes ont peut-être une approche plus audacieuse, une façon plus sensible de mener une interview, surtout sur des sujets personnels. ALG : Ça évolue quand même beaucoup, et la rédaction de « 20 minutes » est très jeune. Mais je sais que dans nombre de rédactions, le service étranger est dirigé par des hommes. Et dans l'avion pour Israël, il n'y avait presque que des hommes, ce sont majoritairement eux qui suivent le parti au pouvoir. Qu'est-ce qui vous plaît dans la politique ? CN : C'est super important, c'est la cité, la base, et la chose politique intéresse les Français, qui sont devenus très demandeurs ! CD : C'est très intéressant d'approcher ceux qui nous gouvernent et de savoir ce qu'il y a derrière l'image médiatique. ALG : C'est intellectuellement stimulant, et c'est ce qui m'attire dans le journalisme : décrypter le monde. Citez-moi un homme et une femme politique qui vous ont marquées ? CN : Laurent Fabius, pour ses petites formules et sa manière à l'ancienne de faire de la politique. Rama Yade, très sympa et Rachida Dati, étonnante de naturel ! CD : Jean-Marie Le Pen. J'ai trouvé ça instructif de le suivre et d'approcher « l'animal » redouté de près. Rama Yade, une fille étonnante, singulière et parfois contestée. ALG : Mandela, pour son parcours, et Taslima Nasreen, expulsée d'Inde et du Bangladesh, un esprit libre.

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