10 mars 2009 - 1 réactions
Écrivain et poète (1922-1969), contradictoire et déchiré, beaucoup décrié de son vivant, Jack Kerouac est aujourd'hui considéré comme l'un des auteurs américains les plus importants du XXesiècle. Naviguant entre drogues et bouddhisme, le père d'«On the road» n'a eu de cesse de rejeter les valeurs traditionnelles des années 50. Et en clamant «peace and love», il est devenu, bien malgré lui, une icône, le précurseur de la Beat generation. Sur internet, pas moins de 1,51 million de pages lui sont consacrées. Mais jusqu'en 1999, rien, pas un mot sur ses origines bretonnes. Une filiation révélée par le journaliste breton Hervé Quéméner et la généalogiste quimpéroise Patricia Dagier. Une filiation que Jack Kerouac avait lui-même recherchée en venant fouler le sol brestois en 1965. En vain.
Une thèse à la clé
Contactée par des «Kerouac» du Québec, en quête de leur ascendance et, surtout, d'un éventuel héritage, Patricia Dagier a écumé des dizaines de bibliothèques et archives. Un véritable jeu de pistes, faussé par un changement d'identité. À la suite d'une procédure criminelle, et un refus de paternité, M.Le Bihan de Kerouac, qui résidait à Huelgoat (29), s'est expatrié au Canada, modifiant en vol son patronyme en Le Bris de Kerouac. Le noeud de l'histoire ainsi dénoué, elle a réussi à reconstituer le puzzle. Une enquête minutieuse qui a donné naissance à «Jack Kerouac, au bout de la route», écrit à quatre mains avec Hervé Quéméner, qui travaillait lui aussi sur le personnage mythique. Leur livre est resté confidentiel. Mais il a fait du bruit outre-Atlantique. «Les Kerouac espéraient un ancêtre prestigieux et fortuné. Ce n'était qu'un petit faux jeton», sourit Patricia qui a dû essuyer un front de contestations. Sûre du bien-fondé de ses investigations, treize années de travail de fourmi, elle vient d'éditer une thèse. 417 pages de documents officiels. «Un pavé irréfutable face aux controverses canadiennes».
«Le» trésor retrouvé
Forte de nouvelles découvertes, elle vient d'écrire, toujours avec Hervé Quéméner, un nouveau livre baptisé «Jack Kerouac, le Breton d'Amérique». Ce livre révèle que l'ancêtre du célèbre écrivain possédait bien un trésor dans le Centre-Bretagne. «Des documents retrouvés en 2006 l'attestent», confient les auteurs. «Mais Urbain-François Le Bihan s'était ingénié à monter une fourberie pour que sa progéniture ne puisse jamais devenir ayant droit». Il y a aujourd'hui prescription. Ce livre met surtout en parallèle la destinée de Jack Kerouac et celle de son ancêtre avec des similitudes étonnantes.
Pratique Rencontre avec les auteurs ce soir, à 18h, à Dialogues Brest; le 21mars, à 14h30, à L'Espace culturel Leclerc, à Quimper; et le 6mai, à 18h, à Dialogues Morlaix.
25 mai 2012

25 mai 2012 à 07h10