27 septembre 2009 - 8 réactions
Avec l'automne, arrivent dans les boîtes aux lettres les avis d'imposition. Autant le dire, la «douloureuse» n'a jamais porté aussi bien son nom. Dans de nombreuses communes, la facture des impôts locaux s'est sensiblement alourdie.
L'ouverture des plis des avis d'imposition fait sûrement sursauter plus d'un contribuable en ce moment. La pilule est parfois dure à avaler. «Ça va cogner», avait prévenu dans nos colonnes, en janvier dernier, un spécialiste des finances locales. La réalité confirme son pronostic.
Une augmentation moyenne de 3,6%
C'est un peu une tradition: les années post-électorales sont rarement de bonnes années pour les contribuables. Les nouvelles équipes ont tendance à se lâcher sachant qu'il est politiquement moins risqué d'augmenter les impôts dans la foulée de l'élection qu'à la veille. Et l'on peut, le cas échéant, faire valoir que les prédécesseurs ont laissé les caisses vides ou presque. En moyenne, selon une étude de Dexia, les taux ont augmenté de 3,6%, toutes taxes (habitation, foncier bâti et non bâti et taxe professionnelle) et toutes collectivités confondues. À cette augmentation des taux, il faut ajouter celle des bases, supérieure aux années précédentes (+2,5%). Ce chiffre de 3,6% n'est qu'une moyenne. Il serait probablement un moindre mal pour ceux des contribuables dont les taux ont augmenté nettement plus. En Bretagne, quelques villes ont eu, en effet, la main beaucoup plus lourde. On citera, par exemple, Quimperlé (29) dont les taux des taxes d'habitation et foncier bâti, il est vrai plutôt bas jusqu'à présent, augmentent de 18%. ÀErquy (22), la hausse de la taxe d'habitation atteint également ce niveau. À Plérin (22), l'augmentation des taux est de 10%. Ce qui veut dire que pour un contribuable moyen, l'augmentation de la part communale pour le foncier bâti sera de 59EUR. Somme à laquelle s'ajoute l'augmentation de la part départementale (8EUR).
«Contexte difficile»
Souvent, le contribuable doit subir en plus une augmentation de la taxe des ordures ménagères prélevée par la communauté de communes. Ainsi, à Concarneau (29), le bond de cette taxe est de plus de 23%, soit20EUR de plus pour un logement dont la valeur locative est de 1.822EUR. Hausse qui s'ajoute à celles de 7% des taxes d'habitation et du foncier bâti. Les hausses touchent particulièrement les zones urbaines et périurbaines. Brest et Rennes, villes d'habitude «sages», ont, elles aussi cette année, décidé de mettre à contribution leurs habitants. Même chose à Saint-Malo où l'augmentation est de plus de 5% pour les deux taxes principales. «Le contexte est difficile», plaide-t-on à la mairie. Pour la seule taxe foncière, le contribuable dont la valeur locative est proche de la moyenne (2.500EUR) va devoir sortir 56euros de plus. Mais pour d'autres, ça sera beaucoup plus. Augmentation des charges d'un côté, baisse des dotations de l'État de l'autre: très souvent, c'est l'explication avancée dans les mairies pour justifier les hausses.
Baisse de 3% à Carhaix...
Toutes les communes n'ont cependant pas succombé à la tentation de l'augmentation. À Lannion (22), Lamballe (22), Saint-Brieuc, Guingamp (22), Vannes, Landerneau (29) et dans quelques autres, les taux sont restés les mêmes. Il y a même une ville du Centre-Bretagne qui continue à baisser les siens. On veut parler de Carhaix (29) qui après une baisse de 4% en 2008 affiche encore, cette année, 3% de moins sur la taxe d'habitation et le foncier bâti. Ce qui fait un gain pour la seule taxe d'habitation d'une cinquantaine d'euros. Une politique qui, pour le maire, doit permettre d'attirer de nouveaux habitants.
En moyenne, selon une étude de Dexia, les taux ont augmenté de 3,6%, toutes taxes (habitation, foncier bâti et non bâti et taxe professionnelle) et toutes collectivités confondues.
