15 janvier 2010
Les communautés religieuses bretonnes sont frappées en Haïti. Après le décès de Joseph Bergot, prêtre au sein de la communauté des frères de La Mennais, basée à Ploërmel (56), l'inquiétude grandit au sujet de Dominique Baron porté disparu depuis l'effondrement de leur maison de Piétonville. La Société des missionnaires de Saint-Jacques installée à Landivisiau (29) a également appris le décès d'un des siens.
Originaire de Saint-Renan, près de Brest, le frère Joseph Bergot était installé à Haïti depuis une quarantaine d'années. Il aurait été bloqué sous une poutre lors de l'effondrement du bâtiment de la communauté.
Le frère Dominique Baron, 46 ans, se trouvait au rez-de-chaussée lorsque la maison s'est écroulée. Le moine qui n'a pu être dégagé se trouve toujours sous les décombres et est "probablement décédé", selon les frères de Ploërmel. Originaire de Lorient, le frère Dominique Baron était enseignant et travaillait aux éditions de manuels scolaires.
Deux autres frères de nationalité canadienne, Fernand Doyon et Jules Rancourt qui ont été plus légèrement blessés, sont en attente de rapatriement dans leur pays.
Inquiétude et solidarité
Faute d'informations précises pour l'instant, c'est l'angoisse qui domine chez ceux qui ont des proches sur place. Marie-Lore Jean-Paul, une jeune Haïtienne de Lorient, aura ainsi attendu hier après-midi pour, enfin, avoir de bonnes nouvelles. L'inquiétude se prolongeait en revanche pour Marie DieunaneNadan, installée à Quimper et dont la famille se trouvait à Port-au-Prince au moment du séisme. «On ne sait rien (...). Tout ce que l'on peut faire, c'est prier.» Prier, c'est également l'appel qu'a lancé l'archevêque de Rennes, Monseigneur Pierre d'Ornellas, qui souligne les «liens profonds et divers» qui unissent la Bretagne et Haïti. De fait, plusieurs communautés religieuses bretonnes ont des représentants là-bas. Plusieurs d'entre eux ont été blessés: cinq séminaristes de la société des prêtres de Saint-Jacques, basée à Guiclan (29) seraient touchés, dont deux assez sérieusement. Les moines de l'Abbaye de Landévennec(29), ont eu plus de chance, leur monastère haïtien se trouvant à plus de 60km de Port-au-Prince.
Aides d'urgence
La solidarité, elle, s'est déjà mise en marche. Outre les Bretons déjà là-bas, ceux qui ont prévu de partir et les gestes des particuliers, les premières opérations publiques se mettent en place. Des aides d'urgence devraient ainsi être proposées par certaines collectivités territoriales. Les communes de Mellac et Quimper et le conseil général du Finistère, notamment, ont déjà prévu de soumettre de telles résolutions à leurs prochaines assemblées.
Un missionnaire haïtien de Saint-Jacques également décédé
De son côté, la Société des missionnaires de Saint-Jacques installée à Landivisiau a appris ce matin le décès de l'un de leurs 17 séminaristes présents à Haïti. Adoni, un jeune Haïtien n'a pas survécu à un traumatisme cranien. "Nous sommes touchés dans nos coeurs et dans nos chairs", confie le père Michel Ménard, le supérieur actuel de cette congrégation religieuse basée en Haïti depuis 1864. La Société compte quatre autres blessés.
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Les frères de Ploërmel sont présents depuis 1864 en Haïti où la province compte aujourd'hui dix communautés qui regroupent en tout une cinquantaine de moines dont la moitié d'Haïtiens, 16 Français et 9 Canadiens. Ils dirigent 11 écoles et scolarisent près de 10 000 jeunes.
25 mai 2012

25 mai 2012 à 07h10