21 septembre 2009 à 20h15 - 1 réactions
Plusieurs actions sont prévues aujourd'hui en Bretagne, notamment à Sainte-Tréphine où 300 tracteurs ont déversé 2 millions de litres de lait. Ailleurs en en France et en Europe, d'autres actions ont déjà eu lieu. Des agriculteurs de la Confédération européenne des producteurs laitiers (EMB) ont déversé symboliquement ce matin un "lac de lait" devant la Commission européenne.
Sainte-Tréphine (22). Plus de 500 producteurs ont déversé le lait contenu dans 300 tracteurs. Ce qui selon les organisateurs représentent plus de 2 millions de litres en tout. Cette action représente à ce jour la plus importante menée sur le territoire de la Bretagne
Pont-Scorff (56). Plus de 80 de producteurs se sont regroupés à Pont-Scorff vers 14 h avec pour mot d'ordre "Colère blanche". Une délégation de 9 d'entre eux venant de Pont-Scorff, Riec-sur-Belon, Languidic et Caudan ont été reçus à la laiterie Lorco afin d'obtenir son soutien. A l'issue de cette discussion, le directeur de la laiterie et le président de la coopérative sont venus à la rencontre des grévistes. Les échanges, animés, ont duré près d'une heure. La rencontre est restée pacifique. Aucun déversement de lait n'a eu lieu. Les producteurs ont quitté les lieux peu après 17 h.
Quimper (29). Une centaine de producteurs se sont donnés rendez-vous devant l'usine Entremont qui est désormais bloquée. 85 tracteurs se sont regroupés sur le rond-point situé devant l'usine. Aucun tanker n'est présent, aucun déversement de lait ne semble donc à l'ordre du jour. Une délégation d'éleveurs issus de la Coordination rurale, de la Confédération paysanne et de l'APLI (Association des producteurs laitiers indépendants) se sont entretenu avec la direction d'Entremont et le préfet du Finistère. L'APLI a prévu d'organiser demain une journée blanche pour les éleveurs du Sud-Finistère. Le rendez-vous est prévu en fin de matinée Quimper le long de la 4 voies, devant l'usine Entremont, avec des tracteurs remplis de lait. Un épandage est ensuite prévu à 14 h au lieu-dit Lannec à Landrévarzec.
Carhaix (29). Le blocage qui a débuté ce week-end à l'usine Entremont se poursuit. 80 producteurs et 15 tracteurs se sont regroupés devant l'usine. Ils planifient de se rendre dans un champ de Kergorvo (29) pour y déverser leur production.
Missiriac (56). Peu avant 5 h du matin, une quarantaine de producteurs laitiers, équipés d'un tracteur et d'une remorque, se sont positionnés devant l'entrée du site d'Entremont-Alliance, à Missiriac, près de Malestroit. Ils ont paralysé entièrement la production de l'établissement.
En France et à Bruxelles, des mouvements ont déjà eu lieu aujourd'hui
Bruxelles. Ce matin, le président de l'EMB, l'Allemand Romuald Schaber, et Erwin Schöpges, président de l'organisation belge Milk Producer Interest Group (MIG), ont ouvert les vannes de trois citernes de lait, déversant plusieurs milliers de litres dans un petit étang bâché entouré de bottes de paille, en plein quartier européen de Bruxelles. "Cette action est symbolique, mais près de 40 millions de litres de lait seront déversés ailleurs en Europe aujourd'hui" par les agriculteurs en grève du lait, a affirmé M. Schaber. Erwin Schöpges n'a pu retenir un sanglot en ouvrant les robinets. Dans une lettre qu'il entendait remettre lundi à M. Barroso, le président de l'EMB réclame "la mise en place de mécanismes efficaces afin d'assurer une production et un approvisionnement stable de lait" en Europe. Les dernières propositions présentées par la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, pour venir en aide aux agriculteurs confrontés à des prix particulièrement bas pour le lait sont jugées insuffisantes par l'EMB.
Lot-et-Garonne et Dordogne. Une centaine de producteurs de lait ont bloqué trois laiteries en réponse à l'appel national de la "grève du lait".
Appel de Ségolène Royal. Ségolène Royal a appelé aujourd'hui à Melleran (Deux-Sèvres), le président de la République "à intervenir et à imposer très rapidement des solutions" dans la crise du lait. "Le ministre de l'Agriculture n'y arrivant pas, le président de la République doit intervenir et imposer que les solutions soient mises en place pour augmenter rapidement le prix du lait", a déclaré à la presse Mme Royal en marge d'une rencontre avec des éleveurs dans une exploitation laitière. "Si le président de la République ne bouge pas, c'est quand même grave. On attend dans les 24 heures une augmentation du prix, sinon cela va très mal se passer. Les éleveurs sont actuellement dans une très grand détresse", a ajouté la présidente (PS) de la région Poitou-Charentes.