Facebook. Choisir le bon profil
Ouvert en 2004 aux États-Unis, le site internet Facebook réunit, à travers le monde, plus de 175millions de personnes. Faut-il avoir peur de ce réseau dit «social»? Non, à condition de prendre certaines précautions.
Facebook, c'est un peu comme le téléphone mobile il y a une quinzaine d'années. Il y avait ceux qui adhéraient tout de suite et ceux qui résistaient par idéologie. De loin, ce vaste réseau social sur internet paraît bien anodin. Il est né il y a douze ans à l'université d'Harvard. À l'origine, il s'agissait d'une sorte de trombinoscope («facebook» en anglais) amélioré. Très vite, il s'est étendu aux universités américaines. Et, en 2006, il s'ouvrait au monde.
175millions d'«amis»
Depuis, le site connaît un succès grandissant. Il regrouperait, selon ses créateurs, actuellement plus de 175millions de membres actifs dans le monde. Pour autant, il n'est pas encore rentable. «Cela vaut le coup de continuer car un jour, c'est sûr, ça basculera», prévoit Alain Lefebvre, informaticien et spécialiste des réseaux sociaux (lire ci-dessous). Ses principaux atouts: son énorme structure et sa facilité de navigation. En quelques clics, on y dépose son profil, on y laisse des photos, des textes et des vidéos. On peut aussi rentrer en contact avec d'autres internautes via un système d'amis qui vous ouvrent, ou non, leurs pages personnelles. Des groupes d'intérêt où les informations circulent à toute vitesse s'y sont créés. À Brest, ce réseau avait été pris d'assaut par les lycéens lors des grèves de décembre dernier pour motiver leurs troupes, et convenir des actions à mener. Diablement efficace.
Garder le contact
Facebook séduit bien évidement les jeunes. Mais aussi les parents. C'est le cas de Josée, Rennaise et bretonne d'adoption, née au Québec il y a une quarantaine d'années. «Je vais sur Facebook tous les jours depuis six mois. Ce site m'a permis de retrouver des amis qui sont restés au Québec ou qui habitent aux États-Unis. Cela me permet aussi de garder le contact avec ma famille». Josée n'est pas naïve. Elle sait très bien que tout ce qui est diffusé sur la toile peut être utilisé à mauvais escient. «J'en reste à des futilités. Ceux qui veulent approfondir le dialogue passent de mur à mur». Un niveau de semi-confidentialité auquel peuvent avoir accès les animateurs sur site. Mais attention, tout ce qui est confié à Facebook peut se retourner contre vous. Car cette matière est entièrement libre de droits. Et peut-être employée par Facebook comme bon lui semble. Autant d'éléments qui peuvent intéresser des publicitaires pour mieux cerner votre profil, par exemple. Or, rares sont ceux qui le savent. Autre désagrément, les «amis» pots de colle qui colonise votre ordinateur. Difficile de leur fermer la porte numérique au nez.
Des élus aussi
On l'a vu avec Barack Obama, et son million d'amis sur le site, Facebook sert aussi de plateforme aux politiques qui ont très vite investi cette nouvelle agora. En Bretagne, on y trouve surtout les élus de gauche, comme Bernard Poignant ou FrançoisCuillandre. En revanche, nulle trace d'un Christian Ménard ou d'un François Goulard. Seul Marc Le Fur, député UMP des Côtes-d'Armor, apparaît. À leurs côtés, on retrouve un certain Jacques Chirac, un DanyBoon, un Jean-Philippe Smet et même un Jésus-Christ de Nazareth avec un nombre incalculable d'amis. Ces pages, on les surnomme des «fakes» dans le jargon des internautes. L'oeuvre de farceurs qui font des pieds de nez au système. Au fait, un petit malin a même ouvert un profil Adolf Hitler. Qu'on se rassure, il n'a aucun ami.
Des droits et des devoirs
Facebook a annoncé, il y a quelques jours, qu'il abandonnait les modifications des conditions d'utilisation mise en place le 4février dernier et qui lui donnait une «licence perpétuelle et mondiale» sur tous les contenus publiés. «Nous avons décidé de revenir à nos anciennes conditions d'utilisation, le temps de trouver des réponses aux questions soulevées» par les utilisateurs, a indiqué Mark Zuckerberg, le jeune cofondateur du site âgé de 24 ans. Un nouveau groupe a été créé à cet effet. Appelé «Déclaration des droits et des devoirs de Facebook», il doit accueillir les propositions et remarques des utilisateurs.
Le réseau le plus populaire
Le site a vu sa fréquentation bondir de 443% entre décembre2007 et décembre2008. Ce succès s'expliquerait notamment par «la mise en ligne d'une version française» début 2008. Cette initiative a, semble-t-il, levé certaines appréhensions, et encouragé l'arrivée de personnalités publiques et de communes.
Alain Lefebvre : "gérer son identité numérique"
Quand ces réseaux sociaux se sont-ils mis en place ?
En 2005, on peut dire que tous les outils étaient là. Depuis, le marché s'est éclairci, Facebook ayant pris la première place mondiale. Ce phénomène, j'ai commencé à le suivre de près quand j'ai décidé d'ouvrir le réseau social 6nergies. J'ai réalisé une vaste étude du marché. Cette matière m'a servi à écrire la première édition de mon livre «Les réseaux sociaux» (*).
Facebook est-il dangereux?
Non. Si on fait attention à ce que l'on y met. L'intérêt avec ce type de site, c'est qu'on peut, en y étant référencé, gérer son identité numérique. Il faut savoir que tout internaute laisse de nombreuses traces sur la toile. Des photos, des commentaires sur des chats, etc. Mieux vaut reprendre en main tous ces éléments en se créant un profil qui sera bien référencé sur les moteurs de recherche. Cette démarche intellectuelle, tout le monde ne l'a pas. Mais elle se diffuse de plus en plus.
Facebook est-il socialement structurant?
Non. C'est complètement exagéré. En revanche, le site permet d'étudier, à grande échelle, la plupart des théories sociales. On peut l'utiliser comme un grand labo.
Quelles sont les motivations des personnes qui se mettent ainsi en ligne?
Elles sont vraiment diverses
. Certains veulent tout simplement se faire connaître. D'autres, retrouver d'anciens amis. Dans tous les cas, on se rend compte que la pression sociétale est de plus en plus forte. Sans profil, on n'est pas dans le coup.
Pourquoi, bien souvent, observe-t-on cette surenchère de photos, de vidéossur Facebook?
De nombreux internautes ont le sentiment que plus on donne de contenu, plus on en reçoit. C'est valable pour les photos de famille et les groupes de microdomaines qui trouvent là de nombreux éléments pour satisfaire leur curiosité sur leur passion.
* «Les réseaux sociaux. De Facebook aux nouveaux intranets: la généralisation des réseaux sociaux». 200 pages, 23euros. M21 Éditions.
1 réaction
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lynette
bonne pub pour Facebook
Selon Alain Lefebvre, Facebook n'est pas dangereux...Peut-être, mais il aurait été intéressant de lire un petit entrefilet relatant un avis contraire...Une fois la page lue, on ne retient que l'aspect ludique et fashion...Or que faut-il penser des Quiz comme "quel est ta philosophie de la défonce ?" réponse : rasta. avec pour illustration...juste au cas où on aurait pas compris... la jolie petite feuille de canna à côté...Et les Quiz portant sur le profil sexuel...etc...Où sont les limites ? et surtout comment les imposer aux enfants lorsqu'ils ont accès, via les réseaux sociaux, à de telles inepties ? Article trop contemplatif et pas assez informatif pour un papier paru dans votre page "Le fait du jour".
Ajouté le 27 février 2009 à 23h38
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