4 juin 2010 - 2 réactions
Six hommes enfermés pendant un an et demi dans un caisson de 180m² et surveillés 24h/24. Le dernier concept de téléréalité? Non, l'expérience scientifique Mars 500. L'Institut des problèmes médicaux-biologiques (IBMP) et l'Agence spatiale européenne (ESA), co-organisateurs de l'expérience, veulent étudier sur les hommes les effets de l'isolement, de l'absence de lumière du jour, d'air frais et la restriction des contacts humains qu'auront à subir les astronautes qui iront un jour sur Mars. Même si une telle expédition n'est pas prévue avant 2035... au mieux. Parmi les six participants-tous volontaires-, venus d'Europe, de Chine et de Russie, il y a un Breton, RomainCharles, âgé de 31 ans. Ingénieur de formation, il vit à Saint-Malo et a réussi à passer toutes les sélections parmi 6.500 candidats afin de réaliser son rêve: devenir astronaute. Il laisse derrière lui sa compagne. La porte du module, installé à Moscou, où ils vivront isolés du reste du monde pendant un an et demi, s'est refermée sur eux, hier. «On se verra dans 520jours!», a clamé le Russe Soukhrob Kamolov avant d'entrer dans la navette sous les applaudissements. La durée de ce voyage fictif se répartit en 250 jours pour l'aller et 240 pour le retour, séparés d'une mission de 30jours dans un module imitant le sol martien où trois des volontaires iront se poser.
Pas de femmes «à bord»
Faute de femmes à bord, l'expérience n'examinera pas les relations entre les deux sexes dans un espace clos. Pour l'expert spatial russe, Iouri Karach cela aidera les six volontaires à se concentrer sur leur travail. «C'est mieux qu'un équipage soit du même sexe», a-t-il dit à la télévision russe, «personne n'a encore aboli les instincts de base» des humains. Christer Fuglesang, de la direction des vols habités à l'ESA, souligne, pour sa part, que «la peur» de ne pas revenir est absente de l'expérience, un facteur de stress qui sera très important chez les hommes qui iront vraiment sur Mars. «Tout ne peut être simulé», relève-t-il. Les communications entre les volontaires et le centre de contrôle se feront essentiellement par courriel et le temps de transmission se rallongera au fur et à mesure du voyage, jusqu'à 40 minutes aller-retour, comme ce serait le cas pour une véritable mission vers Mars. Les six hommes verront leurs journées divisées en trois tranches de huit heures consacrées au travail, au sommeil et aux loisirs. Romain Charles, par exemple, a emporté avec lui un ordinateur portable rempli de vidéos, de musique et de photos, ainsi que sa guitare. Les six volontaires devront aussi rationner leur nourriture, similaire à celle consommée à bord de la Station spatiale internationale. Si l'un des volontaires abandonne, la simulation se poursuivra en partant de l'hypothèse que l'un des membres d'équipages est «mort», précisent les organisateurs. Les scientifiques enfermés sont libres de sortir à tout moment. Pour en savoir plus Google et l'IBMP ont créé un site internet (http://mars500main.appspot.com/) qui fournira au quotidien des informations sur l'expérience.
27 mai 2012 à 15h19
27 mai 2012 à 10h12
27 mai 2012 à 09h43