8 mars 2009 - 2 réactions
La compétence n'est pas une qualité exclusivement masculine. Daniel Launay en est convaincu et il sait de quoi il parle. À la tête de trois bureaux de l'Igam (*) à Guingamp, à Concarneau et à Brest, cet expert-comptable dirige une équipe de 38 salariés, dont 25sont des femmes, une dizaine occupant des postes à responsabilités. Spécialisé en comptabilité et en gestion, mais également dans l'accompagnement juridique fiscal et social des entreprises, le cabinet opère auprès d'environ un millier de clients. À en croire Daniel Launay, c'est une affaire qui tourne. «Il y a deux ans, l'entreprise ayant largement atteint ses objectifs, on a offert à tout le personnel un long week-end au Portugal, histoire de marquer le coup et de réunir les collègues des trois sites», raconte-t-il.
Le secret: la mixité
Pour le patron costarmoricain, le secret de cette réussite, c'est la mixité. «Je crois fondamentalement à des équipes mixtes. On a des puissances de conseils et des résultats beaucoup plus intéressants». Néanmoins, tout n'est pas encore parfait, Daniel Launay l'avoue humblement. C'est pour cela qu'il a décidé de passer à la vitesse supérieure. Il veut décrocher le label égalité, un outil officiel qui met en valeur les pratiques exemplaires tant sur le plan des salaires que sur les évolutions de carrière. C'est toute une procédure qui passe par une remise à plat des pratiques de l'entreprise et l'élaboration d'un plan d'action. Tout cela sous le contrôle d'un organisme certificateur. Le but du jeu est de mieux utiliser les compétences et la qualification des salariés et notamment des femmes, parfois surqualifiées pour les postes occupés. Et aussi d'aider les femmes à concilier carrière et vie familiale.
Pourquoi cette démarche?
Pour Daniel Launay, qui est à cinq ans de la retraite, l'enjeu est clair. La pénurie de candidatures qui se profile dans le monde de l'expertise comptable, un métier pas très en vogue chez les jeunes, va rendre le recrutement très difficile. «On est confronté à une pénurie au niveau des postes à responsabilité. Si on continue à se développer, il va falloir recruter à des niveaux de direction et employer, hommes ou femmes, les bonnes personnes aux bons postes». Décrocher le label officiel, sera un plus, selon Daniel Launay, autant auprès des demandeurs d'emploi que des clients chefs d'entreprise. Et, évidemment, auprès du personnel. «Si les gens sentent qu'ils sont traités de manière égalitaire, ils sont plus productifs et ne perdent pas de temps à critiquer leur hiérarchie. C'est aussi le gage d'une cohésion sociale», commente Isabelle Guéguen, du cabinet spécialisé Perfégal, qui va aider Daniel Launay à décrocher son fameux label.
*L'institut de gestion et d'audit de métiers est une association qui compte 170 salariés dans l'Ouest.

25 mai 2012

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