17 août 2009 - 3 réactions
Écolo, il l'est devenu sur le tard. Élu communiste pendant des années en région parisienne, André Ollivro aura attendu la retraite et son retour dans les Côtes-d'Armor pour passer du rouge au vert. La petite histoire raconte que c'est un après-midi de 2000, lors d'une manifestation sur la «mal-bouffe» à Saint-Brieuc que la conversion s'est faite, après avoir entendu un discours d'André Pochon, l'une des figures bretonne de l'agriculture durable. Depuis cette date, Ollivro «le coriace», comme il lui arrive de signer ses courriels, ne se ménage pas pour alerter la population sur les dangers des algues«tueuses», fruits de «l'agriculture intensive» et dénoncer «l'inertie» de l'État.
Retour à la fac à presque 60 ans
Depuis son terrain, situé sur les hauteurs de la plage de La Granville, à Hillion, l'ancien ingénieur d'EDF-GDF a eu tout loisir d'observer leur prolifération. «Quand j'ai monté mon cabanon ici, en 1968, les premières algues vertes faisaient leur apparition». Quatre décennies plus tard, le ballet des camions ramassant les algues se déroule, tous les matins, sous ses fenêtres. En 2001, lorsqu'il fonde avec d'autres l'association Halte aux marées vertes, l'ancien gazier trouve rapidement un angle d'attaque: puisqu'à ses yeux, la France ne respecte pas les directives de Bruxelles sur les nitrates, il faut la traduire en justice. Persuadé que le salut ne passera que par la mobilisation citoyenne et par l'application des règlements européens, il décide alors, à presque 60 ans, de s'inscrire à la faculté de droit de Saint-Brieuc, pour «comprendre les arcanes judiciaires». Troisans plus tard, quatre associations déposent plainte contre l'État. Et le 25octobre 2007, le tribunal administratif de Rennes leur donne raison(L'État a, depuis, fait appel de cette décision,NDLR).
L'État réagit
L'été dernier, lorsque deux chiens meurent sur la plage de La Granville, après avoir inhalé l'hydrogène sulfuré émanant des algues en putréfaction, Ollivro s'active encore. L'ancien «adolescent renfermé» rameute les médias, organise des rassemblements et interpelle préfet et élus. Pour un résultat mitigé. Mais fin juillet, lorsqu'un cheval succombe à son tour sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (22), les algues vertes se retrouvent partout à la une de l'actualité. Et cette fois, l'État français intervient et décide, la semaine passée, de lancer des analyses sur leur toxicité.
«Il ne se décourage pas malgré les coups reçus»
«On a besoin de vrais militants comme André. C'est quelqu'un qui va jusqu'au bout, souligne AndréPochon. Il est volontaire, tenace et têtu». Seulement, au sein du microcosme écolo, même si personne ne remet en cause son efficacité, certains militants reprochent à «l'électron libre» Ollivro ses emportements. On l'accuse également de se confondre parfois avec sa cause. «C'est quelqu'un d'entier et de passionné. Porté par ses convictions», corrige un membre du Collectif urgence réchauffement climatique 22. «C'est toujours pareil, dès qu'un militant en fait beaucoup, cela crée des jalousies, ajoute André Pochon. Moi, je suis plein d'admiration pour les gens comme lui qui ne décourage pas malgré les coups reçus».
25 mai 2012

25 mai 2012 Ã 07h10