22 septembre 2008
Le rapport accablant surgi au milieu de la manifestation des 250 partisans du maintien de l'école de gendarmerie de Châteaulin provient de Matignon. Si ses préconisations sont suivies, Ty-Vougerêt risque bel et bien de fermer.
Il s'agit d'une note à l'attention du Premier ministre, signée Stéphane Bouillon, ancien conseiller de Matignon devenu préfet de Corse-du-Sud et datée du 25 juillet.
Envoyé en audit dans le cadre de la restructuration des écoles de gendarmerie, le rapporteur y brosse un portrait peu reluisant de Ty-Vougerêt - « excentrée, vétuste » - et de la ville de Châteaulin - « peu accueillante, aux infrastructures vieillissantes »- provoquant colère et indignation dans les rangs des élus locaux, à l'issue de leur manifestation de soutien de samedi (Le Télégramme d'hier). Stéphane Bouillon apporte toutefois au crédit de Ty-Vougerêt « qu'elle dispose de beaucoup de terrain ».
Choix politique
Le rapporteur échafaude ensuite deux scénarios. Si une option de base condamne seulement Montargis, une deuxième, drastique, ne préserve que quatre écoles sur huit. Lesquelles ? A priori, seule la politique le décidera. Et pas au niveau local : « Hervé Morin (ministre de la Défense) a promis à Jean-Pierre Raffarin (ancien Premier ministre) de sauver Châtellerault, la gendarmerie proposait de sacrifier Le Mans plutôt que Libourne. Mme Alliot-Marie (ministre de l'Intérieur) tient beaucoup à Libourne », note Stéphane Bouillon. Ce en dépit de « l'exiguïté et la mauvaise adaptation » de l'école girondine, de « l'étroitesse, la vétusté et le manque d'atout » du site de la Vienne. Précisons que la décision reviendra au ministère de l'Intérieur, dans le cadre du transfert de l'organisation de la gendarmerie sous sa compétence.
Libourne peut commencer à respirer. Quant à l'école du Mans, outre le commentaire flatteur de l'ancien conseiller ministériel, elle ne devrait pas trouver encombrante la présence d'un enfant du pays à Matignon. Encore que le rapporteur a pris soin de lister quatre compensations en cas de fermeture.
Condamnée par...
les gendarmes
Châteaulin ne peut prétendre à des soutiens si haut placés. Mais les moins enclins à la préservation de Ty-Vougerêt ne sont autres que les gendarmes eux-mêmes. « La préférence, officieuse, de la gendarmerie, serait de sauver Montluçon, Tulle, Le Mans, Châtellerault et Chaumont et de fermer Libourne, Châteaulin et Montargis ». Jamais aussi bien trahi que par les siens.
Quelle sera l'incidence de cette note dans le choix final ? Et que valent les propos rassurants de Matignon, rapportés samedi par le député Christian Ménard ? Les éléments contradictoires injectés sans cesse n'en finissent plus d'échauder les élus et la population du bassin châteaulinois, en attente d'une réponse rapide et naturellement positive. Stéphane Bouillon n'écarte d'ailleurs pas le risque d'embrasement : « A noter que la fermeture de l'école (de Ty-Vougerêt) donnera sans doute lieu, dans l'arrondissement de Carhaix dont l'hôpital est menacé, à des troubles d'ordre public ». Pas impossible en effet.