5 octobre 2009
Yves Olivier était arrivé en Inde en 1972. Ce prêtre atypique, fils d'un marchand de vin, au caractère bien trempé, faisait partie des missions de Paris Il avait pris en charge la très vaste paroisse de Vriddhachalam, une ville située à 50 km à l'est de Pondichéry dans l'état du Tamil-Nadu.
Yves Olivier s'était très vite fondu dans la population grâce à son contact facile, sa simplicité. Mais aussi ses facultés à apprendre les langues. Il était un des rares occidentaux à parler couramment le tamoul, langue très largement répandue dans le sud de l'Inde. Ce plus lui permettait d'intervenir auprès des plus démunis qui, nombreux, ne peuvent s'exprimer en Indie la langue officielle du nord de l'Inde ou encore moins en Anglais Yves Olivier avait su aussi tisser de solides liens avec les autres religions largement majoritaires comme les indous et les musulmans.
Au carrefour des religions
Son église de Vriddhachalam faisait office de centre social, par des milliers de personnes de toutes obédiences religieuses et politiques. Le père Olivier y organisait régulièrement des camps santé en lien avec des médecins de Pondichéry et de Madras. Pendant plusieurs jours, les plus démunis y recevaient gratuitement des soins. Nombreux eacute;taient ceux qui, après, étaient admis dans des établissements hospitaliers pour y être opérés. Les frais d'hospitalisation étant pris complètement en charge.
Yves Olivier s'était également beaucoup investi pour l'éducation des enfants. Il avait créé un orphelinat et un système d'accès à l'éducation basé sur le parrainnage. Aujourd'hui 200 enfants sont parrainés par des Français mais aussi des Indiens anciens parrainés. Il avait développé eacute;galement un système de cotisation sécurité sociale et santé qui permet toujours aux plus pauvres de faire face aux coups durs de la vie110.000 euros collectéslors du tsunami.
En 2005, lors du tsunami, en 2005 Yves avait activé ses réseaux pour venir en aide aux populations du sud de l'Inde. Dans le Finistère, son comité de soutien avait récolté plus de 110.000 euros de dons. De l'argent qui avait servi, notamment, à acquérir des terrains pour reloger les victimes des vagues meurtièresYves Olivier s'est éteint entouré des siens. Pendant 37 ans il a occupé la même petite chambre rongée par l'humidité, au confort très rudimentaire. Sur l'armoire du missionnaire trônait sa vieille valise, prête à reprendre l'avion pour la France. Elle restera à jamais fermée sur cette terre indienne qui lui a donné tant de bonheur.
25 mai 2012

25 mai 2012 à 07h10