12 mai 2009
Confortablement installée dans son canapé, Djamila parle en toute liberté de son histoire dans son nouveau logement HLM à Quimper. «Mes ennuis ont commencé quand mon mari a commencé à souffrir sévèrement du diabète. Une maladie qui l'a complètement transformé. Certains jours, il était complètement invivable. Je ne pouvais rester à ses côtés. Alors, j'ai décidé de poser mes valises, avec mon fils adoptif, chez une amie marocaine».
Briec-Quimper à pied en pleine nuit!
À quatre dans un T2 - la locataire de l'appartement ayant une fille-, la cohabitation ne sera pas aisée tous les jours. D'autant que Djamila, qui fait les 3X8 dans une usine agroalimentaire, a un rythme de vie complètement décalé. «Quand je travaillais la nuit, j'essayais de dormir en journée. C'était impossible». Un soir, alors qu'elle finissait à 22h, le service de transport l'a oubliée sur le parking de l'entreprise. Djamila est rentrée à Quimper de nuit. En marchant 25km le long de la voie express. «Je suis arrivée épuisée à 4h du matin». Complètement à bout, Djamila se confiera à une assistante sociale. Une demande de logement sera déposée auprès de l'Opac, à Quimper. En vain. La CLCV (Confédération de la consommation logement et cadre de vie) s'emparera alors du dossier et l'inscrira dans le dispositif droit opposable au logement. En attendant, épaulée par les services sociaux, Djamila s'installera dans un appartement exigu à Briec, la ville où elle travaille. «Comme le logement était vraiment trop petit, mon fils de 17ans a été placé en foyer. Il a beaucoup souffert de cette séparation».
Enfin un toit
Djamila vivra quatre mois à Briec. Et, régulièrement, elle se rendra à Quimper pour s'occuper de son mari, lui faisant ses courses, ses lessives et lui préparant à l'avance ses repas pour les jours à venir. Il y a quelques semaines, Djamila s'est rendue au chevet de sa mère en Tunisie, son pays d'origine. À son retour, elle a retrouvé son mari mort dans l'appartement qu'il occupait. Seule note d'optimisme dans ce tableau bien noir, elle s'est vu remettre les clés d'un appartement dans le quartier de Kermoysan, à Quimper. Soit sept mois après avoir déposé son dossier Dalo. À présent, Djamila veut souffler un peu. Son fils devrait la rejoindre sous peu. Il était hébergé chez sa tante, à Marseille, pendant son séjour en Tunisie, «J'ai un toit et un travail. À présent, j'aimerais pouvoir m'offrir une voiture pour me rendre à l'usine quand je le veux. J'ai mon permis mais je n'ai pas conduit depuis dixans. Il va falloir que je m'y remettesérieusement».
* La loi Dalo instaurant un droit au logement opposable a été votée le 5mars 2007.
25 mai 2012