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Cinéma. Lorient affiche ses «17 filles»

14 décembre 2011

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La Belgique a les frères Dardenne, les USA les frères Coen, le cinéma français et breton a désormais les soeurs Coulin. Muriel et Delphine, réalisatrices originaires de Lorient, ont tourné dans leur ville natale «17 filles», qui sort aujourd'hui sur les écrans. Décor et casting made in Lorient.

À Lorient, c'est peut-être «l'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune». Sauf qu'ici, ce n'est pas Marcello Mastroianni qui tombe enceinte, comme dans le film de Jacques Demy, mais «17filles», simultanément, sous l'oeil de la caméra de Muriel et Delphine Coulin. Tourné à Lorient, avec douze jeunes actrices lorientaises sur les 17 personnages principaux, par deux réalisatrices élevées entre le collège Notre-Dame du Pont, de Lanester (56), et le lycée Saint-Louis, de Lorient, le film sort aujourd'hui sur les écrans nationaux. Précédé d'une belle réputation: le prix du meilleur premier film français au festival de Deauville, une sélection dans la Semaine de la critique au festival de Cannes et une kyrielle de critiques dithyrambiques. «Au début, on avait peur de lire les critiques», confie Muriel Coulin. À Cannes, une trentaine de journaux en ont parlé en bien. Avec la sortie, ça continue. Le Point, l'Express, les Cahiers du cinéma, la dernière page de Libération... cette semaine. Après la faveur des critiques, ne manque plus que l'onction du public pour cette histoire de lycéennes qui décident, les unes après les autres, de tomber enceintes. Envie d'égayer un quotidien tristounet, à l'horizon trop limité à leur goût.

Lorient... dans le 18e rôle

C'est là que Lorient entre en scène. Le 18e rôle. Décor grandeur nature. «L'histoire que nous racontons s'est réellement passée aux États-Unis, à Gloucester, dans le Massachusetts. Une ville très similaire à Lorient», explique Muriel Coulin. «Au bord de l'Atlantique, avec un port de pêche, de commerce, une activité économique déclinante. Le choix de Lorient pour le tournage s'est naturellement imposé». Pour les Lorientais, la projection se transforme en quiz sur la ville. La pharmacie de la place Aristide-Briand, le grand immeuble façon Le Corbusier, qui n'a rien d'une cité radieuse, la piscine ronde du Bois du Château... «Les décors, on les connaissait, ce sont les lieux de notre enfance. On voulait aussi les endroits où vont les adosaujourd'hui: la place du Grand Théâtre, le McDo...». Au final, ce grand malaise adolescent donne une image pas vraiment radieuse de Lorient que les deux soeurs assument complètement. «Mais on l'adore cette ville! La preuve, c'est qu'on a décidé d'y tourner notre premier film. Ce qu'on montre à l'écran, c'est le point de vue des adolescentes, pas le nôtre! C'est la vision d'ados qui ne trouvent pas leur place».

Un casting de 600 lycéennes

Pour trouver les 17 jeunes comédiennes, le casting a duré plus de six mois. «On a vu 600 filles entre Paris et Lorient», se remémore Delphine Coulin. «Ça nous a servi pour la figuration. On s'est rendu compte qu'il y avait un vivier intéressant à Lorient». Philippine, élève de terminale au lycée Saint-Louis, est l'une d'elles. «Delphine et Muriel sont venues au lycée pour repérer des filles», raconte-t-elle. «Elles cherchaient des filles blondes. Un groupe avec une cohésion. On était quatre ou cinq copines pour le casting. J'étais complètement angoissée. Elles ont même dû m'arrêter pour que je me calme. Au final, deux d'entre-nous ont été prises». Aucune des 17 comédiennes en herbe, même les Parisiennes plus expérimentées, ne souhaitent enchaîner sur un deuxième film. «Elles veulent toutes assurer leur avenir, continuer leurs études», souligne Muriel Coulin. Les pieds dans la réalité. Aux antipodes des rêves de leurs personnages.

  • Sophie Paitier
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